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FRENCH DUB SYSTEM 2.0 |
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French
Dub System 2.0
En musique comme ailleurs, chacun sait que la sagesse populaire a
toujours raison, et que c’est dans les vieux pots qu’on fait les
meilleures compotes, et avec les vieilles formules qu’on fait les
meilleures ventes. Autant dire que le bon vieux coup de la compilation mélangeant
valeurs sûres et jeunes artistes plus “expérimentaux” a encore de
beaux jours devant lui. Dernier symptôme en date, French Dub System 2.0 fait suite à un volume 1.0 paru l’été
dernier, remarquable par la diversité des univers musicaux regroupés avec
un maximum de cohérence et transcendé par la présence de deux des
meilleurs titres du dub moderne, le Cube
Dub de Brain Damage et le No War de
Framix. Quoique
d’excellente tenue, le volume 2 propose moins de titres phares
incontestables, mais n’en recèle pas moins quelques excellentes surprises
et demi-surprises. Passons rapidement sur les titres déjà connus des
habitués de Dubzone, lesquels doivent déjà connaître sur le bout des
dreads et des faders le bouillonnant “War Still A Run” de Zenzile,
extrait de leur dernier album, le torturé et tourbillonnant “A Dub
Song” de Lab°, le dreadeux et jouissif “The Real Source in Dub” des
Improvisators Dub, l’arabesque électronique “L’Uzure” d’Hybrid
Sound System et l’irrésistible “Hammond versus Bass” de Pirate Dub (déjà
proposé dès 2004 dans une compilation mp3 Dubzone, soit dit en passant).
Oublions très vite les morceaux dispensables (un Framix routinier et
copieusement plat, un GG Project qui souffre de la comparaison avec ses
camarades et voisins). Parmi les “exclus”, c’est-à-dire les
avant-premières d’albums à venir, Fedayi Pacha confirme tout le bien
qu’on pensait déjà de lui avec un excellent et orientalisant “L’Ile
Aux Chiens” qui rend de moins en moins supportable l’attente d’un
premier album qui nous met l’eau à la bouche depuis belle lurette (et
surtout depuis une belle performance live au Batofar…), et Dub Wiser frôle
la perfection avec l’extraordinaire “Nashdaf”, que je propose d’ors
et déjà pour le Remain d’Or du meilleur titre d’électro-dub cuvée
2005, et qui a tellement pris racine sur ma platine que j’ai à présent
peur que celle-ci ne cherche à me mordre si j’essaye d’en retirer le
CD. Mais
ce que l’on attend surtout au tournant dans ce genre de compil, ce sont
bien évidemment les inédits, lesquels, en ce qui me concerne, peuvent déclencher
à eux seuls l’acte d’achat. Ou pas. Si, répétons-le, le volume 2
n’atteint pas les cimes de son grand frère, il n’a rien non plus d’un
Massif Central pour retraités arthritiques. Certes, le remix d’Aïzell
par Brain Damage n’est pas inoubliable, et je préfère me relever la nuit
pour écouter les œuvres respectives de ces deux grands groupes que ce
petit morceau qui a pour seul atout de nous faire retrouver les sonorités
très caractéristiques du duo stéphanois, hélas sans grande excitation.
Certes encore, cette version reggae-dub de l’hymne bobo-rock “Seven
Nation Army” par The Dynamics (illustres inconnus pour moi jusqu’à ce
jour, et je n’ai rien trouvé sur eux non plus sur le net) est trop lisse
pour être honnête, trop pro pour ne pas sonner comme un morceau conçu dès
le départ pour figurer dans une prochaine émission de “Paris Dernière”
ou dans un blind-test chez Ardisson. Mais Manutension confirme par un
exceptionnel “Jean-Philippe” en collaboration avec Winston McAnuff
qu’il est bien l’un des tout meilleurs producteurs de dub roots-step en
France, et peut-être même tout court (et pour que je dise du bien d’un
morceau à titre en forme de prénom, il valait mieux se lever tôt et
bosser ses niveaux, poil aux rigolos). Largement de quoi ne pas regretter sa
dizaine d’euros. En guise de final, Löbe Radiant Dub System balaye toutes
nos réserves avec un excellent “Oness & Unity” qui, sans
s’aventurer très loin du style et des sonorités qui ont fait les grandes
heures du groupe, s’avère largement indispensable à tout amateur de bon
dub français moderne. Là
ou le volume 1.0 avait cherché à explorer au maximum le spectre du dub
français, et était parvenu à s’adresser à un public plus large que
celui des dubbers déjà convaincus en flirtant avec le trip-hop, le reggae
roots ou l’électro expérimentale, le volume 2.0 de French
Dub System semble se concentrer sur des courants plus traditionnels du
dub (roots, roots-step anglais + un peu d’orientalisme électro) et se révèle
au final un peu moins excitant que son prédécesseur, mais pas tellement
moins indispensable pour toi lecteur qui n’achète pas systématiquement
tous les disques chroniqués sur Dubzone mais qui veut quand même se tenir
au courant ce qui se fait de nouveau et d’excellent sur la scène dub française
pour à peine plus que le prix d’une place de cinéma. Et je sais que tu
es légion.
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