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DUB STORIES |
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Dub Stories – L’histoire du Dub
racontée par ses activistes
La sortie d’un documentaire sur l’histoire du dub est forcément un événement, alors que dire d’un package CD + DVD contenant un film regroupant des interviews d’acteurs majeurs de la scène dub (et quelques journalistes aussi) organisé selon un plan chronologique, près d’une heure et demi de superbes séquences live, histoire de mettre en pratique la théorie, des bonus précieux (notamment une session de mixage de Mad Professor) et enfin une compilation de quelques-uns des meilleurs sons du dub européen actuel ? Il devrait suffire dire “merci, et en plus ce n’est pas cher, et on peut même en gagner sur dubzone.org, c’est dire si on est gâté !” Je ne sais même pas s’il est bien sérieux de faire une chronique en prétendant être objectif sur un artefact qui n’a tout simplement pas d’équivalent ! C’est la première fois que les artisans de cette musique que tous ici, d’un côté comme de l’autre, nous écoutons et aimons ont l’occasion de s’exprimer aussi longuement et pour un aussi large public. Ne nous faisons pas d’illusion : certains éléments du dub sont déjà passés dans la musique mainstream, la plupart du temps en les dénaturant, et beaucoup de gens écoutent des séquences ou des plans dub sans le savoir dans leur tisane de variété ou d’electro-bobo molle ; comme toujours, il est nécessaire d’ouvrir cette musique au plus grand nombre en veillant à ce qu’elle ne perde pas contact avec ses racines, ce on-ne-sait-quoi qui distingue Thievery Corporation de King Tubby comme Coldplay de Calogero. La démarche de Nathalie Valet, réalisatrice du documentaire et initiatrice du projet Dub Stories, est essentielle : il s’agit de donner la parole aux acteurs du dub, aux producteurs et aux musiciens, pour qu’ils racontent leur(s) histoire(s) du dub en même temps qu’ils font découvrir leur musique. Première initiative du genre, elle échappe à la comparaison, et récolte donc ainsi tous nos applaudissements. Tout au plus peut-on regretter la grande place fait dans le CD et dans les live au dub stepper anglais et à ses dérivés immédiats, et la quasi-absence d’artistes d’electro-dub européens ou de dub-rock. Cela s’explique aisément au vu du CV de la réalisatrice, qui fut entre autre manager des Dubians et régisseuse scène de légendes du stepper comme Bush Chemists, Iration Steppas, the Disciples ou Vibronics. Cependant, même si votre groupe préféré manque au générique, dites-vous bien que vous allez en prendre plein les mirettes et les esgourdes pendant près de trois heures, et que c’est un sacré voyage qui vous attend, que vous soyez profane ou initié. Alors ne laissez pas passer cette occasion unique d’aérer votre lecteur DVD et de lui offrir de bonnes bouffées de gros dub vivant et conscient de son histoire. En espérant que cette première expérience fasse plein de petits bébés à son image, bien entendu… RemainUnderground mais pas trop quand même. |