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2BALHEADS |
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Le projet 2Balheads est né en 1999, sur les
bases d'un mélange entre reggae-dub et musique électronique. Un groupe d'electro-dub
de plus? Non, car en plus des machines, un saxophoniste, un chanteur et une
chanteuse permettent aux 2Balheads de développer un dub certes électronique,
mais particulièrement vivant. Les morceaux s'articulent autour de bases
rythmiques qui évoquent tour à tour le stepper UK, la drum'n bass, le
roots-dub, le break-beat... bref, une grande variété rythmique, complétée
par une variété non moins prononcée du point de vue des ambiances: tour
à tour envoûtants ("No man's land dub"), dansants ("Megatop"),
voire très entraînants ("Aya", morceau chanté de bout en bout),
quand ce n'est pas carrément furieux ("Jungle lion", un saxophone
excité sur fond de drum'n bass couillue), les morceaux de 2Balheads
explorent sans complexe les différentes déclinaisons possibles du dub,
pour en retenir finalement l'énergie motrice, dans une démarche proche de
celle du live. C'est de ce paradoxe relatif que naît la personnalité
du groupe: au contraire de bon nombre de groupes d'electro-dub qui ne s'épanouissent
pleinement qu'en studio, on sent clairement que la musique de 2Balheads est
faite pour être écoutée dans une salle de concert. C'est assez
inhabituel, et mérite d'être signalé, même si l'on sent que faute de
moyens, le potentiel du groupe n'est pas encore pleinement exploité sur
démo, du moins sur les morceaux que j'ai eu l'occasion d'écouter. L'enjeu est donc de retransmettre pleinement l'énergie
live qui les anime, à la manière d'un groupe traditionnel, tout en conservant
leur forte identité électronique... un premier album "officiel",
avec ce que cela implique de production et de moyens, permettrait d'en juger. On l'attend avec
d'autant plus d'impatience que l'on sent clairement que le groupe est mûr
pour une telle réalisation.
2D. 2 Balheads Live
Toujours plus loin dans la performance, Dubzone inaugure pour vous la chronique d'un live sans avoir assisté au concert, avouez que c'est pas donné à tout le monde. Un live des 2Balheads en l'occurrence, enregistré en mars 2004, dont le manager du groupe, que je salue au passage, m'a envoyé une copie afin de me convaincre des qualités scéniques de ses petits protégés. Force est de le reconnaître, la musique de ce groupe prend toute sa saveur lorsqu'elle jouée sur scène, notamment grâce à l'enthousiasme du duo de vocalistes, un gars une fille, comme dans la série à la con sur France 2, sauf que là il ne donnent pas dans le Chouchou et Loulou, mais plutôt dans le "Duwise", "Faites du bruit" et autre "Vas-y Francky c'est bon, vas-y Francky c'est bon-bon-bon", encore que je ne sois pas bien sûr de ce que j'avance concernant cette dernière citation. Reste que leur enthousiasme est communicatif et incite l'auditeur à battre la mesure avec entrain, et que la voix du gars, plutôt dans un registre toasté, se marie admirablement à celle de sa collègue, plus chantée. Live oblige, les effets sont exploités à leur maximum, delay en tête, sans oublier un DJ un tantinet plus énervé que sur les versions studio. Une bonne petite démo live tombée du ciel, donc, qui me permet au passage de découvrir d'autres morceaux du répertoire des 2 Balheads, toujours dans la grande variété rythmique qui les caractérise, avec une mention spéciale pour l'excellent "Nunchaku dub", 10 minutes d'improvisation débridée sur un rythme electro-stepper irrésistible. Moralité? La même que pour ma critique de la démo studio: à quand un premier album? En attendant, n'hésitez pas à aller les voir s'ils jouent près de chez vous. 2D. Interview de 2Balheads, mars 2004.La
question rituelle : que signifie le nom 2balheads ?
Moskito : Le 2 vient du fait qu’à la base nous n’étions que 2 dans
le groupe. Et
le mot Balheads est issu du patois jamaïcain qui désigne des
personnes qui écoutent du reggae mais qui n’entrent pas dans le
trip rasta. Je précise que cela se prononce phonétiquement two bolheads et
non deux bal éd. D'après
votre bio, 2Balheads a commencé avec juste des machines, puis s'est élargi
avec un sax, un chanteur, puis une chanteuse... Pouvez-vous présenter
le groupe dans la forme qu'il connaît aujourd'hui? Moskito :
A ce jour le groupe est constitué de AR1 (Alex Rabino One) au toast et au
saxo/melodica, de DJ T-FLON aux platines et à la partie vidéos que nous
diffusons lors des concerts, de moi-même aux programmations et effets, et
de Lady-gé, qui pose sa voix sur notre son depuis l’année dernière.
Ajoutons une dédicace à Olivier, qui gère l’administratif et la promo,
et à Romy, qui met nos lives en lumière… Votre
musique est ancrée dans l'electro-dub du fait de l'utilisation de machines,
mais le sax et le chant élargissent l'identité du groupe. Comment définiriez
vous votre musique, en quelques mots, pour ceux qui ne vous connaissent pas? Moskito :
Je définirais notre musique comme du P-CORE DUB (là, par contre, prononcez
à la française…), c’est-à-dire que l’on a pas de style unique, on
ne se pose pas trop de frontières musicales et surtout on n’est pas trop
puriste: on navigue entre dub UK, Jungle à l’ancienne, Hip hop
instrumental. Mais rien n’est figé et les morceaux peuvent toujours évoluer… AR1 : Electro
dub – Univers sonore hybride générant des dubs profonds, des jungle
percutantes. Comment
composez-vous? Les taches sont-elles réparties entre les divers membres du
groupe? AR1 :
En
général, Ranking Nico (aka Moskito) est à la source des compos 2balheads.
Il nous propose une programmation basse/batterie dont lui seul a le secret,
à chacun ensuite de se poser sur cette première base et d’y apporter sa
patte créatrice. Cela marche aussi bien
pour les voix, scratchs, samples, ou les instrus. Les répétitions
sont alors un vrai laboratoire de recherches musicales, où l’on teste et
où l’on échange nos idées. Il en ressort une grande liberté
d’interprétation autour d’une base de composition ouverte où
l’improvisation garde une part importante. T-flon :
Cette méthode de
travail nous vient
en grande partie du fait de l’éclatement
géographique du groupe. Nous sommes en effet séparés entre Paris
et Rouen ce
qui au départ pouvait être une contrainte est maintenant un moyen de
prendre du recul sur nos morceaux. Vous
alternez les instrumentaux et les morceaux chantés. Existe-t-il pour vous
des différences, dans la composition, entre un morceau instrumental et un
morceau chanté, ou ces deux formes procèdent-elles de la même approche?
Moskito :
Effectivement, il existe des différences dans la composition entre un
morceau chanté et instrumental : pour ma part, pour un morceau chanté,
lorsque je le compose, je pense toujours au fait qu’il y aura du chant
dessus, je conçois ces morceaux dans le même esprit que les 45t jamaïcains
de reggae ; c’est-à-dire une version plus qu’un dub (la différence
étant que la version repose sur une structure fixe). Le chant est posé sur
la version et en live suit le dub. AR1 : Je ne
fais pas de différence. Un morceau chanté peut devenir une version
instrumentale et inversement … L’approche de Moskito est souvent déterminante
à la base mais on garde toujours la possibilité de faire évoluer nos
morceaux… Vous
avez déjà plusieurs démos à votre actif, ainsi que deux participations
aux compilations Digitalic Park... un premier disque officiel ne vous démange-t-il
pas? Moskito : La question nous tournicote le ciboulot depuis pas mal de temps ;
c’est vrai qu’avec les 2 participations aux compiles Digitalik Park du
label Daydream (j’en profite pour saluer la maison, qui a été la première
à prendre des risques et à proposer au dub français une alternative au
circuit ver-rouillé du disque), ça donne envie d’aller plus loin. Mais
malheureusement plusieurs facteurs font qu’on a pas encore pu: bon évidemment,
aucune maison de production, même spécialisée dans le dub, ne nous a
accordé ses grâces; nos moyens financiers ne nous permettent pas de
produire nous même notre son; et il faut pas compter sur nos cachets de
concert pour espérer pouvoir produire un disque vu que, souvent, aux
yeux des grosses structures, tant que tu n’as pas sorti de disque sur un
label en vue, tu peux jouer gratos (une logique qui n’est heureusement pas
celle, plus modeste, des plus petits…). Mais
bon, on est quand même en train de tout faire pour sortir une production
digne de ce nom avant la fin de l’année… Alex : Effectivement,
on a un projet en cours. Nous devons enregistrer avant l’été un premier
album qu’on va
autoproduire (6 titres). On est en contact avec Dougie Wardrop de Conscious
sounds à Londres, pour mixer le son avec le talent qu’on lui connaît
(Bush Chemists, Centry, Jah Warrior…). Mais ça reste à suivre…
J’ajoute que nous sommes à la recherche d’une structure qui accepterait
de distribuer ce premier 6 titres… Quel
regard portez-vous sur la scène dub française? Etes vous en contact avec
d'autres groupes? Moskito : Ma vision de la scène dub française est la suivante :
pour moi, les français ont bien assimilé cette musique en la mélangeant
aux autres influences musicales jouées dans notre pays actuellement ;
le rock, l’electro, la jungle, le reggae, etc… Après tu aimes ou tu
aimes pas, il y a quand même des différences énormes mais on voit que ces
groupes existent avant tout sur et par la scène. Comme le montrent des
groupes comme Zenzile, HighTone, c’est parce qu’ils engrangent
des dates qu’ils arrivent à exister et sortir des productions ; le
dub, c’est pas la Star’Ac, c’est difficile de vivre des ventes de tes
disques. Donc il faut de l’endurance et de la persévérance pour faire du
dub et surtout exister dans le monde de la musique. On
a assez peu de contacts avec la scène française, malgré nos
efforts… Je sais pas si c’est le fait d’un star system à la française
ou d’un manque de temps de la part des autres groupes pour répondre à
nos invitations, mais je profite de cette tribune pour dire qu’on reste
ouverts à toutes les collaborations (remixes, lives…). T-flon : On a
pu se faire une idée sur scène en jouant avec différents groupes comme
Zenzile ou Lab… On a également rencontré les mecs de Fumuj il y a pas
longtemps, qui nous ont rappelé la diversité de la scène dub française… A
quoi ressemble un concert de 2Balheads? Gardez-vous un concert particulier
en mémoire, un bon (ou un mauvais) souvenir? Moskito: Un concert de 2BALHEADS ne sera jamais exactement le même, tout
d’abord on remixe les morceaux véritablement sur scène. Donc le mix est
influencé par le public, l’ambiance et surtout notre créativité sur
l’instant. On rajoute des effets, on change les structures, la manière de
jouer… Mais surtout sur scène, on essaye de donner et de transmettre de
l’énergie au public. Pour moi le Dub sur scène ne doit pas être réfléchi
comme dans un disque. Le rythme est avant tout primordial. Il ne faut pas
que visuellement on donne l’impression de 4 personnes qui bidouillent
leurs machines et puis voilà. On a des projections vidéos sur scène (réalisées
par DJ T-FLON) qui nous accompagnent sur scène et qui offrent au public
notre vision picturale qui est aussi une des identités du groupe. Donc pour
résumer, il faut venir pour nous voir sur scène et partager ces moments
uniques que sont nos prestations live. Et aussi pour écouter autre chose
que nos disques. AR1 :Ca
ressemble à une grosse explosion sonore et visuelle ! Pour le moment,
les concerts sont pour nous la seule possibilité de faire partager notre
musique. Et pour cela on déborde d’énergie. On est là pour surprendre,
étonner, secouer, et faire danser le public. Bref, tout faire exploser !
On souhaite que nos concerts marquent les mémoires. La richesse musicale de
nos sessions live est pour nous une évidence mais l’aspect graphique et
visuel de nos concerts est également super importante. La projection
d’images combinée à des effets de lumières participent à cette
dynamique . Cela crée une unité sonore et visuelle qui reflète
l’identité de 2balheads. Quels
disques écoutez vous en ce moment?
Moskito : En ce moment j’écoute l’album « Artists » de
Rhythm & Sound, le live
de
Kitachi (le penchant
electro d’Iration Steppas), « Streetcore » de Joe Strummer & the Mescaleros,
« Original sounds of the Zion” de ZionTrain, Rockers HI-Fi , DJ
Kicks “
The Black Album “ etc… AR1 : Bush
Chemist , High Tone , Iration Steppas , The Clash , Tikiman vs Rhythm &
Sound , Lee Perry , Public Enemy … Quelque
chose à ajouter? Des
remerciements avant de se quitter: Fred de Daydream, toute l’asso Staccato
ainsi que les deux Michel, à Thomas de l’Abordage, à Marielle et Nat
Valet, au Pôle Régional, à Djahkooloo (et l’équipe de Culture Dub) aux
gens qui nous connaissent et nous soutiennent, et bien sûr à Barbara. Contact: olkaminski@voila.fr |