DUB AKOM BAND


Dub Akom Band vs Faïanatur
Autoproduction, 2005



On avait découvert le Dub Akom band en 2004 avec une première démo très roots-dub dans l'esprit, les revoici deux ans plus tard avec un maxi quatre titres enregistré avec le chanteur/toaster Faïanatur. Plus vraiment dub, et même franchement dancehall, cette nouvelle livraison n'en est pas moins un enchantement. Faïanatur alterne avec beaucoup de réussite les registres du reggae chanté et du ragga ultra-speed, sur des riddims digital-roots très inspirés, et surtout bien mieux produits que sur la première démo du groupe. Le son est maîtrisé, les compositions également, capables d'enthousiasmer les plus réticents au dancehall (dont je suis) par leur intransigeance artistique; car si le son et le style s'inspirent indéniablement de cette variante moderne du reggae, Dub Akom a bien pris soin d'éviter de tomber dans les facilités mélodiques habituelles du genre. Rythmiques imparables, arrangements minimalistes, voix impeccablement posée, on est loin de la mélasse commerciale qui caractérise trop souvent le dancehall... et pas si loin du dub, puisque le quatuor, loin de renier ses origines, clôt en effet cet honnête quatre titres en rendant un vibrant hommage au genre par un dub monstrueux: "out of cellar", à découvrir sur la compilation Dubzone 7). Du bon boulot.

2D.


Démo 2004

Scientist, Roots Radics, Sly & Robbie, telles sont les influences revendiquées par le Dub Akom Band, quatuor marseillais qui s'inscrit dans l'esprit du son reggae/dub de la scène jamaïcaine depuis les années 70. Du dub roots donc, mais du vrai dub, pensé et construit en tant que tel. Si les groupes dits "reggae/dub" sont en effet plus souvent des groupes de reggae que de dub, le Dub Akom Band ne cultive aucune ambiguïté: les cinq titres de sa première démo sont tous construits autour d'un couple basse/batterie solide et inspiré, sur lequel un guitariste et un claviériste tissent des mélodies discrètes au milieu d'un déchaînement de reverbs, delays, phasers... bref les effets habituels, mais utilisés ici à outrance, dans une volonté manifeste de "dubiser" la moindre mesure de chaque morceau. Et la mayonnaise prend, car les musiciens, tous bons techniciens, ont les moyens de leurs ambitions sans pour autant trop en faire. Bref, il ne manque plus au quatuor qu'un son honorable (au sens production du terme, car sur le plan identitaire, il a indéniablement déjà trouvé le sien), cette démo ayant semble-t-il été enregistrée avec les moyens du bord, et le Dub Akom Band sera fin prêt à rejoindre No More Babylon pour damer le pion à tous les pseudo-dreadeux du reggae français sur le front du dub-roots certifié Tubby style. On y croit. 

2D.

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