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FENIN |
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Grounded
« Grounded » est, après quelques minis et apparitions sur diverses compilations, le premier album de Lars Fenin, musicien Berlinois en activité depuis une quinzaine d’années, d’abord au sein de Tribal Notes, groupe de reggae fondé par ses soins, puis en tant que gars-qui-fait-de-la-musique-avec-des-machins-éléctroniques depuis la fin du millénaire précédent, souvenez-vous, c’était hier, et on ne s’y déplaçait pas encore juché sur des soucoupes volantes, comme vous et moi le faisons maintenant, pour ainsi dire, au quotidien. Bien qu’outrageusement bref, lacunaire, et cavalièrement emprunté à divers confrères (sauf pour les soucoupes), ce CV vous donne une idée du métal, ou du bois, dont « Grounded » est fait : l’electro-dub. Ou le techno-dub. Mais que l’origine Berlinoise de Fenin ne vous entraîne pas à des conclusions trop rapides : « Grounded » n’est pas exactement un nouvel avatar de la lignée Basic Channel, Rhythm and Sound, Pole, Vainqueur, et consorts, même s’il leur lorgne vers à l’occasion. Il est fait de titres plutôt hétérogènes dans leur inspiration (tantôt techno, dub, ou reggae, en parts à peu près égales), et rendus cohérents par sa production. « Grounded » est donc fait diversement, de franche techno façon parquet de danse (« Aware »), de techno mêlée de dub, souvent à coups de skanks de clavier (« Konstruct », « South »), de dub clair et net (le trop bref « Interlude »), et de reggae, de vrai bon reggae à l’ancienne (« Grounded », « None of them », « NO C.I.A. », « Thrill »), mais le tout fait au synthé. L’album est d’une tonalité plutôt chaude malgré sa réalisation entièrement électronique. Ses titres les plus techno évitent l’écueil du minimalisme forcené, et peuvent développer des rythmiques complexes, loin du sempiternel poum-tchik du genre (un commentateur semble même avoir trouvé du Steve Reich dans l’affaire). Reste que, même si Fenin produit une techno assez plaisante (et ça n’est pas peu dire : j’abhorre la techno), c’est dans son reggae electro qu’il excelle. Et il n’y excelle pas seul : il collabore sur 4 titres avec un monsieur Gorbi (je n’invente uien), chanteur dont je déplore de ne rien savoir, tant sa participation se révèle cruciale à leur réussite. Le gars a le timbre clair, l’accent Jamaïcain, et pose, que dis-je, intègre parfaitement sa voix aux lignes de basses synthétiques et technoïdes qui les fondent, et aux skanks de synthé sautillants qui en font du reggae. Certes, le principe n’est plus nouveau, cf. Rhythm & Sound, mais le résultat n'en reste pas moins personnel, plus direct: Fenin n'a pas recruté un chanteur pour rendre hommage à des gloires (certes, injustement) passées, encore moins pour exploiter ce qui commence à ressembler à un filon, mais parce qu'il lui arrive de composer du reggae, et que le reggae, c'est chanté. Point. (Non seulement c'est chanté, mais en plus les paroles y ont un sens, si bien que la maison a eu l'heureuse idée de les inclure sur le livret qui accompagne le CD. C'est suffisamment rare pour être signalé.) Je ne vous fais pas le coup de l'unversalisme-en-conclusion, notamment parce que l'univers ne se résume pas encore aux amateurs de reggae et de techno (Dieu nous garde), mais retenez quand même que « Grounded » plaira certainement aux uns comme aux autres, et, mieux encore, pourrait faire aimer l'un aux autres, et réciproquement. MP. "Grounded" @ Shitkatapult (je n'invente rien) |
- Dis voir, vieux, tu nous aurais pas
fait le coup de la
culture-garante-de-la-mixité-des-peuples-en-conclusion en plus du coup
de l'universalisme-en-conclusion, des fois?
- Du tout, du tout. Ou juste un peu. C'est commode, quand on n'a pas
grand chose à dire.
- Quoi, il est pas bien, c't'album?
- Ah si, ah si. Les 4 titres avec Gorbi, là, chapeau. Ça n'arrête pas de
tourner. Et ça mérite nettement qu'on achète l'album.
- Et le reste?
- C'est de la techno.