GROUNDATION

Dub Wars
(Nocturne, 2005)

Tombés dans la marmite du reggae roots après avoir bouillonné dans celle du jazz, les californiens de Groundation ont trouvé une popularité internationale avec leur cinquième album « Hebron gate » sorti en 2004, rapidement suivi de « We free again ». Deux disques manifestant, outre d’impressionnantes qualités musicales, un sens de la production susceptible de rappeler en moins de quinze secondes le sens du mot respect à tous les disciples de la MAO qui sortent des albums en moins de temps qu'il ne m'en faut pour me taper une branlette. Et puisque les disques de reggae roots ne sortent que très rarement accompagnés sans leurs versions dub, c’est avec l’album « Dub wars » que le groupe américain achève de nous convaincre, en un assortiment de dubs réalisés par Marcus Urani, claviériste de la formation, et inspirés des titres de « We free again ».

Un son énorme, une science des effets, de la déconstruction et de la production qui laissent pantois, mettent tout le monde d’accord dès la première minute du disque avec le contondant « ruling dub », sept minutes de bonheur qui pour la première fois dans l’histoire du reggae nous laisse à penser que le roots-dub a survécu aux années 80, et qu’il y a un avenir après les rééditions Blood & Fire. S’en suivent une dizaine de versions dub de très haute tenue, techniques et subtiles, qui respectent la richesse instrumentale des titres originaux sans pour autant trahir la loi fondamentale selon laquelle un dub réussi passe par une complète déconstruction de sa version originelle. L’équilibre était d’autant plus ardu à trouver que les dites versions originelles brillent toutes par un foisonnement créatif, tant sur les plans rythmique que mélodiques, les rendant à priori intouchables. Au sommet de son art, Marcus Urani s’en est pourtant sorti haut la main, érigeant l'artisanat du dub au rang d'art.

2D.

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