|
Initialement le projet d'un
duo, Löbe, après deux albums parus sur le label FBWL ("Dédales"
et "Ondulation"), est devenu un groupe à part entière, rebaptisé
pour l'occasion Löbe Radient Dub System. "Cue2", premier album du
groupe nouvelle formule, est sorti chez After Before, avant qu'LDRS ne signe
chez Jarring Effects et y sorte l'incontournable "Echo Chamber Odyssey",
auquel succède en mai 2004 le non moins incontournable et monumental "Vibe
disciple". Présentation de ces deux derniers disques, et interview de
Frédéric, homme-machine du groupe.
Vibe disciple
Jarring Effects, mai 2004
"Vibe disciple" est le
cinquième album de Löbe Radient Dub System (LRDS). Un disque qui ne tombe donc pas du
ciel, mais s'inscrit au contraire comme l'aboutissement d'un long parcours sur
les chemins tortueux ce qu'il faut bien se résoudre à appeler le "dub
français", les guillemets pour indiquer que la précision n'est pas
seulement d'ordre géographique. Il existe clairement une école française du
dub, qui mélange électronique et instruments traditionnels tout en se
livrant à
d'incessantes expérimentations sur le son et les techniques de composition. "Vibe disciple" en est une illustration parfaite.
Si "Echo
chamber odyssey", l'album précédent, était celui de la fusion entre
les machines et un couple batterie/basse fusionnel appuyé de guitares
discrètes, son successeur ajoute au dispositif un nouvel élément
fondamental de l'identité du LRDS nouvelle formule: des guitares
omniprésentes, dans plusieurs registres. Le dub d'abord, skanks hachés et autres accords passés à la delay, mais aussi le rock, au sens large du
terme, dans une alternance d'arpèges pop mélancoliques et
subtils et de murs hard-core/noisy aux confins de la sauvagerie. Le mélange avec les séquences
électroniques, boucles d'inspirations break-beat (trip-hop, drum'n bass et
dérivés), samples et
nappes, toujours sombres et malsains, touche à l'osmose. L'indissociable
tandem batterie/basse complète le dispositif en apportant du nerf à
l'ensemble. La basse s'infiltre par les oreilles autant que par l'anus, et la
batterie, très inspirée reggae/rocker/stepper, mêle sans relâchement la
nervosité d'une pédale charleston aiguisée comme un couteau de boucher à
la brutalité d'un tandem grosse caisse/caisse claire dont on encaisse chaque
coup comme une gifle. "Vibe disciple", c'est l'équilibre parfait
entre dub, rock et electro. On n'osait plus y croire, LDRS l'a fait.
Un dub d'un genre nouveau, qui se prête à
merveille à des morceaux chantés, ce que le groupe ne s'est pas privé de
faire, sur quatre titres, quatre tubes, quatre têtes de playlists en
puissance. Pierre, habituel chanteur du groupe hard-core Tantrum pose avec réussite une voix mi-parlée mi rappée, façon trip-hop, un peu à la Black
Sifichi sur le Barbary d'Ez3kiel, sur le sombre mais néanmoins sublime "two
shades" et
l'exceptionnellement couillu "help us to forgive", break-beat/dub qui
dégénère en drum'n bass/metal sur la fin, le tube incontestable de l'album.
Kingkiko, excellent chanteur de No More Babylon, fait des heures sup'
sur un "axial dub" plus roots, au rythme quasi-stepper, mais dans
une ambiance toujours aussi indécrottablement malsaine; le mélange est
inhabituel, mais délicieux. Une dénommée Naïa s'essaye quant à elle à
l'exercice du spoken words sur "it brakes your concentration"; impossible de ne pas
penser à Zenzile & Jamika... mais pas seulement, car le morceau possède
sa propre identité, liée à la voix de la chanteuse, mise en valeur par quelques larsens
récurrents qui lui offrent un horizon élargi, dont les bornes explosent carrément
le temps d'un cours mais intense passage bruitiste à la Sonic Youth; une
autre grande réussite.
Quatre perles donc, auxquelles autant d'instrumentaux rendent la réplique
dans des nuances comparables, mais
toujours dans cet équilibre précieux entre dub, rock et electro... même
s'il convient d'insister sur la prépondérance de la facette électronique de l'album. Frédéric
Luneau, homme-machine, par ailleurs fondateur de Löbe, reste le garant de l'identité
LRDS, car c'est avant tout de ses machines que naît l'atmosphère sombre et
pessimiste qui définit la musique du groupe. Une science du son et de l'effet qui
tutoie le diabolique, et qu'on ne rencontre guère ailleurs, y compris dans le dub
où les groupes "d'electro-dub" se ramassent pourtant à la
pelle.
On l'aura compris: les superlatifs ne manquent pas pour évoquer cet album, talent,
créativité, savoir-faire, virtuosité, inspiration... mais c'est bien connu,
trop de superlatifs tuent le superlatif, donc on se contentera de dire que
"Vibe disciple" est de cette catégorie de disques qui, par leur
inventivité (et leur réussite, sans quoi l'inventivité est vaine), font
avancer le merdier. Il ne me reste plus qu'à inviter lourdement tous ceux qui me lisent en
ce moment à débourser 15 euros pour faire l'acquisition de cet album,
histoire de bien faire comprendre à la Pascal Nègre corporation que si tous
les disques étaient des Vibe disciple, la crise dans l'industrie
du disque, elle n'existerait pas même en cauchemar dans la tête d'un
responsable du rayon CD chez Carrefour.
Interview de
Frédéric Luneau (sur la photo, le troisième larron en partant de la
gauche), homme machines du groupe, à l'occasion de la sortie de "Vibe
Disciple" (mai 2004).
En guise de préambule, la
question rituelle: que signifie le nom Löbe Radiant Dub System ?
A l'origine j'avais choisi LÖBE afin que l'on ne puisse pas deviner quel
style de musique le duo pratiquait et j'appréciais ce côté suffisamment évanescent
à multiples facettes. Lobe ça va du lobe de la nageoire caudale du poisson
au lobe de la feuille végétale en passant par le lobe de l'oreille sans
oublier le lob(e) au foot ! Le « ¨ » était un clin d'oil à Grötüs. Le
nom est devenu LÖBE RADIANT DUB SYSTEM avec la nouvelle formation et la
volonté de jouer live un dub plus vigoureux et acoustique dirons nous.
Première constatation à l'écoute de « Vibe Disciple » : les morceaux
de ce nouvel album sont tous très structurés et minutieusement construits.
Comment ont-ils été composés, et de quels éléments êtes-vous partis ?
Rythmes ? Basses ? Séquences électroniques ?
Sur 2 titres « junior profile » et « hi grade » l'idée de départ et une
rythmique basse/batterie bossée par Benoît et Xavier, le reste des titres
part des samples et autres machines.
Nous sommes rigoureux dans les compositions, on travaille les transitions, la
juxtaposition des « plans ». Les samples rythmiques imposent aussi une
certaine approche.
Deuxième constatation : la dimension rock est nettement plus présente que
sur l'album précédent, pourtant enregistré avec le même line-up. Est-ce
par choix ? Ou car le guitariste a participé plus activement aux compositions
?
Sur « echo chamber odyssey », Philippe (guitare) n'avait pas participé à
l'enregistrement de l'album, il nous a rejoint pour le tour juste après. Je
serais donc tenté de dire que c'est lui qui apporte ce côté « rock ». Ce
n'est pas un choix. Bien sûr la guitare a dû trouver sa place lors des
nouvelles compositions et elle influence les structures.
L'album baigne en permanence dans un équilibre harmonieux entre dub,
electro et rock. Considères-tu ce disque comme un accouchement de l'identité
définitive de LRDS, bref, que le groupe a « trouvé son style », ou cet équilibre
pourra-t-il être modifié à l'avenir avec l'intégration d'autres sonorités
et influences?
Je pense que c'est loin d'être définitif, nous discutons régulièrement de
cela et LÖBE RADIANT DUB SYSTEM regroupe 4 personnes aux attirances musicales
très très différentes. Quant à l'évolution c'est un peu tôt. On cherche
des nouvelles façons de travailler pour ne pas se lasser et afin que tout le
monde s'y retrouve, ce n'est pas évident. Il faut faire des compromis,
s'impliquer, faire prévaloir les rapports humains.
Autre nouveauté de taille chez LRDS : les morceaux chantés, qui sont une
des grandes réussites de l'album. qui sont les guests ? Peux-tu nous présenter
les diverses voix de ce Vibe Disciple ? Ne vous donnent-ils pas envie d'intégrer
un(e) chanteur/teuse « officiel(le) » au sein du groupe ?
« two shades » : Pierre du groupe de hardcore Tantrum qui chante.
C'est un ami depuis pratiquement 15 ans et même s'il hurle au sein de Tantrum,
il est fan invétéré de Tricky. Il a un super timbre de voix. Il voulait même
suite à la session que l'on bosse un album tous les deux ! Je suis également
sonorisateur du groupe Tantrum en live et notre complicité va au-delà de
cette collaboration : Pierre c'est quasiment mon frère !
« axial dub » : mista Kingkiko from No more babylon, le meilleur groupe de
roots/reggae/dub. Nous avons joué avec eux et c'est époustouflant. En ce
moment ils backent Earl 16 sur une tournée, ce n'est pas le hasard. J'ai en
projet des nouveaux titres pour WEBCAM hi-fi.
« it brakes your concentration » : Naïa est aussi une très bonne amie,
elle collaborait à Octopus à une époque et est désormais responsable de la
com au Palais de Tokyo.
Nous avons passé d'excellents moments ensemble : DJ Spooky à New York en 96,
je m'en souviens encore ! Une vrai fan de musique, curieuse avec cette voix
rauque comme vous pouvez l'entendre sur le disque. Cela faisait des années
qu'elle me disait Fred ce serait super que l'on fasse un projet ensemble :
done processing !
Quant à un éventuel chanteur tu tombes à pic ! Un ami de Xavier va venir
essayer la prochaine répétition donc à suivre.
Une constante en revanche : l'atmosphère de LRDS est toujours aussi
sombre, et conserve son coté malsain jusque dans les morceaux les plus rythmés
et dansants. Pourquoi ? Est-ce une volonté commune du groupe, ou quelque
chose qui vous échappe ?
Cela m'échappe quelque peu mais je suis d'accord avec toi sur le côté
sombre et malsain. Ce n'est pas un concept. Je pense que les autres membres
aiment ce côté-là certes. Est-ce le reflet des personnalités ? On retrouve
toujours une part de soi dans les compositions. Il faut bien dire que ma
vision de l'être humain n'est pas très positive et à constater ce dont
l'homme est capable de faire c'est à en perdre sa notion de l'humanisme.
« Vibe disciple » est le cinquième album de LRDS, dont deux sous sa
forme actuelle de quatuor. Peu de groupes de la scène dub française peuvent
aligner une telle discographie. Te considères-tu comme un pionnier du dub
hexagonal ?
Ce serait prétentieux ! Mais il est vrai que le premier album de LÖBE en 96,
en duo à l'époque, comprenait déjà un titre « modular system » très
Zion train ! J'avais déjà une oreille sur les productions d'un label comme
Wordsound et les travaux divers de gens comme Bill Laswell ou Justin Broadwick.
On était en ce temps là bien loin de l'effervescence actuelle. Quant à la
discographie, elle correspond aux divers gens qui ont participé ou intégré
LÖBE à différentes périodes. Elle retrace également mes différentes
approches du dub pour en arriver à ce qu'est LÖBE RADIANT DUB SYSTEM désormais.
Pour revenir à ta question, je n'ai plus 20 ans si c'est ça que tu veux
savoir !!!
Le terme « dub français » a-t-il un sens à tes yeux, autre qu'une
simple dénomination géographique ? Et si oui, t'y sens-tu affilié ? Quel
regard portes-tu sur la scène française en général ?
Avoir un sens ? Certes il est différent du UK dub ou à fortiori du dub jamaïcain.
Proposer de jouer du dub en live ça c'est nouveau. On se sent forcément
affilié puisque nous sommes amenés à rencontrer les autres groupes et les
organisateurs ont souvent tendance à proposer des plateaux avec divers
représentants ce cette scène « dub française ». Ceci dit, la dite scène
s'étend de Junior Cony à Ezekiel et ces 2 là n'ont par exemple pas
grand-chose en commun. C'est aussi une manière fédératrice de regrouper des
gens qui ont une même approche de la musique et qui défendent une manière
de s'impliquer, d'appréhender celle-ci et se sentent proches éthiquement.
Cela me fait un peu penser à la scène noise/hardcore des années 90 à la
différence qu'elle touche beaucoup plus de monde et que l'affluence aux
concerts et les ventes de disques sont sans communes mesures. Des médias
comme Télérama propose un festival, toutes les majors veulent leur compil
dub ! Quant à la pérennité de cette scène je ne suis pas prophète !
Vibe disciple est le second album de LRDS sorti chez Jarring Effects. Que
vous apporte un tel label par rapport aux structures par le biais desquelles
sont précédemment sortis les premiers albums de Löbe ?
The good place at the good time ! Jarring effects sont connaisseurs et défendent
comme personne leurs albums. Ils ont depuis 5 années maintenant le respect de
tous ainsi qu'un réseau solide. Ceux sont les plus aptes à communiquer sur
notre musique et la soutenir. On bénéficie sans aucun doute de « l'effet
Jarring » même si l'on reste un des groupes les moins connus du label.
Parle nous un peu de tes projets annexes, Micromega et Webcam.
Micro:mega est un duo avec Sylvain Chauveau (auteur de plusieurs albums sur
DSA), ont a sorti 3 albums et un maxi, désormais nous travaillons avec le
label Ici d'ailleurs/O1O1. Un nouvel album sortira cet automne « where we go
we don't need it anymore ». Nous avons un set live avec vidéo, on ne fait
pas trop de concert mais récemment on a fait une tournée en Italie : cela
s'est très bien passé. Sylvain habite Paris et nous travaillons par période.
C'est aussi un formidable projet d'amis puisque à priori nos goûts musicaux
divergent à 100 % mais nous nous connaissons depuis plus de dix ans . C'est
un plaisir de se voir à chaque fois. Quant à l'orientation musicale on dira
pour faire vite entre Pan American, Pole, Calexico et Boards of canada.
Webcam est mon projet « solo » puisque tous les titres que je fais seul
sorte sous le nom de webcam. Un premier album introuvable désormais était
sorti en 1999 « weaving », la presse et The Wire avait à l'époque dit «
dub'n'jazz ». J'ai depuis un album « deep seated into skyline » sous le
coude qui n'attend qu'à sortir. Ca ne devrait pas tarder. Ce nouvel opus
rassemble différents titres composés sur deux années avec des plages qui
ont servi à la création d'un spectacle de danse contemporaine notamment mais
il y a toujours des basses et breakbeats dans tous les sens !
Actuellement, je bosse des dubplates et je vais faire des versions avec des
invités dont c'est certain Kingkiko, d'autres noms en Angleterre mais ce
n'est pas sûr à 100%... Pour la peine Webcam devient WEBCAM hi-fi.
Sur quel matériel travailles-tu ? As-tu des machines de prédilection ? Et
utilises-tu le même matos pour LRDS que pour Webcam ou Micromega ?
Alors là c'est l'interview pour
keyboards/home studio ! Pour LÖBE RADIANT DUB SYSTEM, l'essentiel est un
sampler akaï S1000 donc c'est pas tout neuf mais solide, piloté par un
clavier maître, un synthé Korg EA1. J'ai un dub toy Jah tubbys from UK qui
se nomme joliment SSE produisant toutes sortes de sirènes et autres effets
dub, un filtre electrix queen factory, un delay korg, un multieffets TC
electronics, un compresseur focusrite et ma console est une soundcraft. Je
suis très attaché à mon vieux sampler que j'ai depuis huit années
maintenant mais je ne suis pas fétichiste, je pense que l'on peux faire de la
bonne musique avec plein de configurations différentes : peu importe les
moyens c'est le résultat qui compte. Je tiens à dire que rien n'est séquencé
dans LÖBE RADIANT DUB SYSTEM, tous les samples sont joués en live &
direct sur la batterie. Je n'utilise pas le même matériel avec Micro:mega et
Webcam. Micro:mega c'est laptop, guitare préparée, guitare acoustique,
fender Rhodes, mélodica et un peu de chant pour les reprises !!! Webcam est
uniquement composé au laptop, sur mes nouveaux titres seules les voix seront
faites séparément.
Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ? Dernières découvertes
importantes ? Et les autres membres du groupes, ils écoutent quoi ?
Du reggae et du dub !!! Je suis particulièrement à fond de dub UK avec le
nouveau Vibronics « dubliftment » qui est énorme mais je suis toujours
aussi admiratif devant des belles voix comme Linval Thompson, Johnny Osbourne,
Johnny Clarke. Big youth. Studio One entre 68 et 78 pour faire vite ainsi que
Channel one UK!
Jah warrior fait un travail remarquable que ce soit avec Dillinger, Peter
Broggs. Un label comme Blood & Fire dans une autre veine sort des disques
magnifiques, les compils select cuts, Ranking joe, Trinity...
En nouveauté, j'ai bien aimé le nouvel album d'Iqulah -digne représentant
de la cause rasta à l'ONU-
Easy star qui est un label new yorkais a sorti l'année dernière un
super album sous le nom de Easy star all star « dub side of the moon » dont
je ne me lasse pas. C'est impressionnant Pink Floyd in dub !
Je ne saurais te dire ce qu'écoute les autres ! Benoît (basse) de Radiohead
à Aphex Twin, Philippe (guitare) est plus branché sur la musique
contemporaine, des trucs calmes avec des arpèges en son clair mais ses écoutes
sont variées : j'entends, vu que c'est mon voisin ( !) parfois du punk rock
et parfois Programme. Quant à Xavier (batterie), je crois que c'est le plus
curieux puisque cela va du hardcore au abstract hip hop en passant par une
compil wordsound « dope certified ».
Quelque chose à ajouter ? Un message à faire passer ? Bref : le mot de la
fin ?
Big up & guidance.
Nuff respect for all dubwisers and DUBZONE
Echo chamber odyssey
Jarring Effects, 2002

Avec "Echo chamber odyssey", Löbe
Radiant Dub System annonce la couleur d'entrée: gros son, production
mahousse, compositions chiadées et efficaces, bref, les caractéristiques
habituelles des poulains de l'écurie Jarring Effects. Un nouvel ersatz d'Hightone?
C'est ce qu'on pourrait être tenté de préjuger jusqu'à ce qu'une écoute
plus attentive dissipe tout malentendu: LRDS, c'est pas de la frime, et si
la production est d'envergure, elle n'en est pas moins au service de
morceaux d'une grande qualité musicale; inhabituelle, même, car jamais la
fusion entre machines et instruments traditionnels n'a connu un tel parachèvement.
Samples et boucles s'intègrent en parfaite harmonie à des bases rythmiques
solides et sans failles, que dessinent un batteur et un bassiste aussi bons interprètes que
compositeurs. DJ Twelve (Hightone), guest star de choix, démontre une
nouvelle fois son talent en se fondant dans le rythme avec une rare virtuosité.
Bref: chaque musicien fait ce qu'il a à faire et le fait bien, et c'est ce qui fait toute la
différence: si la musique de LRDS est à ce point une réussite, c'est car
la production et les expérimentations ne l'emportent pas sur la composition
et l'interprétation, comme c'est souvent le cas.
L'ambiance est conforme à la tendance
globale qui semble se dessiner au sein de la scène dub hexagonale
d'aujourd'hui: sombre, urbaine, toujours à la lisière du dub rock live et
de l'electro crasseuse, avec de nombreux emprunts au break-beat du coté des rythmiques.
Samples, loops et synthétiseurs sont maniés avec une grande science du
son, toujours dans la sobriété mais avec une efficacité de tous les
instants. Autre caractéristique fondamentale du groupe: la nervosité. L'album se distingue
par une violence inhabituelle, qui se marie on ne peut mieux avec
l'atmosphère générale de l'album. L'auditeur se
prend une claque à chaque morceau, et ceux qui ne conçoivent pas d'écouter
un CD sans allumer un joint feraient bien d'en tenir compte, sous
peine de se retrouver le nez dans la poussière sans comprendre ce qui leur
arrive.
Inutile d'en dire plus: "Echo Chamber
Odyssey" est un incontournable, un des meilleurs albums dans la
catégorie pourtant riche du french dub, une priorité d'achat absolue pour ceux
qui ne l'ont pas encore.
2D.
 
Site officiel: www.after-before.org
Contact: captaine@after-before.org
Retrouvez Löbe Radient Dub System en live
sur le DVD Burn
Babylon Burn de Jarring Effects.
|