|
|
|
MASALADOSA |
|
Chill Aum On en avait déjà eu l'indication dans les disques d'Improvisators Dub où cet instrument est généreusement sollicité, le son du sitar, et en extrapolant un peu la musique indienne en général, se marient harmonieusement avec le dub. On en a désormais une preuve concrète avec le premier album de Masaladosa, quintet basé à Thonon-les-Bains, qui définit sa musique comme un mélange d'electrodub et de musique indienne. La composante indienne est en effet omniprésente; des instruments utilisés (sitar, tablas et autres objets exotiques auxquels je suis infoutu de donner un nom) aux éléments sonores de complément (voix et autres bruits d'ambiance vraisemblablement capturés en Inde, dixit la pochette - "This album was inspired by our travels around India and Nepal") en passant par les éléments graphiques (dessins de la pochette, calligraphie...), tout dans ce disque suinte ce que j'appellerais l'invitation au voyage si je n'avais pas tant en horreur cette expression niaiseuse et clichée. L'élément dub est moins évident, et c'est le seul petit reproche qu'on puisse formuler à cet album, qui verse peut-être un peu trop complaisamment dans les rythmiques downtempo standards, d'autant plus frustrantes que dès qu'elles s'aventurent sur des territoires plus résolument dub ("Madhuvanti", "Amma"), la musique y gagne en richesse et en identité. Mais comme le dit le diction, qui aime bien châtie bien, ce disque n'en est donc pas moins une grande réussite, dont le plaisir qu'il procure se renouvelle et s'enrichit au fil des écoutes et de la découverte de mélodies toujours bien trouvées, dans un compromis permanent entre les gammes indiennes et les exigences rythmiques des rythmes occidentaux et leurs mesures à 4 temps, servies par d'efficaces lignes de basse, des arrangements propres (un peu trop?) et surtout une production des plus soignées. Du très bon travail donc, et la naissance d'un nouveau dérivé du dub des plus prometteurs: le dub indien, alternative crédible à l'asian drum'n dub londonienne factice qui n'amuse plus que les branchouilles radionovaphiles. Longue vie au genre, et longue vie à Masaladosa. 2D. |