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METASTAZ |
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Anekoik Pressure
A l'heure où les net-labels fleurissent un peu partout sur la toile, on en vient à se décourager face à la trop grande quantité des oeuvres qu'ils proposent, de surcroît en remarquant que la qualité n'est que rarement au rendez-vous. Les bidouilleurs du dimanche se multiplient, inondant le web de morceaux vite torchés à coups de Reason ou Fruity Loops. Mais ce n'est pas une raison pour jeter le bébé avec l'eau du bain... en persévérant un peu, il arrive qu'on tombe sur des travaux vraiment honorables. C'est le cas de la dernière production de Metastaz, qui après deux démos CD choisit le format électronique pour présenter ses titres sous la forme d'un double "e-album" pensé en tant qu'oeuvre sous le titre "Anekoik Pressure". On est d'emblée charmé par la qualité et l'exigence de la production. Bien que manquant un peu de pêche (autoproduction oblige...), le son est clair et travaillé, les morceaux précis, le style singulier: un dub émotionnel et mélancolique, qui évoque tour à tour Ezekiel, Brain Damage, General Dub... bref, Metastaz ne renie pas la parenté avec la scène dark dub française qu'on lui avait découverte sur sa précédente démo. Il lui rend d'ailleurs hommage en s'offrant une collaboration avec le Grendel, ancien du General Dub qui distille aujourd'hui un electro-indus d'admirable facture (on en parle ici). Le résultat est à ce point réussi qu'il figurera sur la prochaine compilation de Sounds Around en compagnie des noms les plus prestigieux du dub français... les nombreux featurings sont l'autre belle surprise de ce double album: décomplexé, Metastaz n'hésite pas à remixer le tubesque "Storm Browin" de Lena, avant de se faire remixer lui même par Webcam Hi-Fi sur le titre Higher Degree. Très convaincant également, le featuring des russes de Dub TV sur un "No frontiers" roots et planant. Prochaine étape: un vrai travail sur le son en studio. On attend d'écouter le résultat avec impatience. 2D. Citizen faces
Je ne sais pas ce qu'il se passe à Saint-Etienne, si ça vient de la ville, du climat ou de la proximité de Vulcania, mais dès que des habitants de cette ville décident de faire du dub, ça donne la musique la plus sombre qu'on puisse imaginer. On a pu le constater avec le Bangarang crew, A.S.S.E., Brain Damage, Fedayi Pacha, c'est aujourd'hui au tour de Metastaz d'ajouter son nom à la liste des déprimés de la vibe. Le gars a beau n'avoir que 17 ans, il a déjà une épaisse couche de pessimisme dans la tête, qu'il a choisi d'évacuer en faisant de la musique plutôt qu'en agressant des petites vieilles, c'est tout à son honneur, et c'est aussi pour notre plus grand plaisir, car malgré son jeune âge, son premier album autoproduit révèle un talent incontestable. C'est d'electro-dub qu'il s'agit, ce sempiternel electro-dub fait à l'ordinateur dont quinze nouveaux praticiens apparaissent chaque jour, mais celui là a un petit quelque chose en plus, une identité plus marquée que la moyenne, qui nous fait pardonner les petits défauts propres à l'autoproduction qu'on remarque par ailleurs. Certes, le son est un peu insuffisant, certes, les compositions et la production gagneraient à être un peu plus travaillées, mais le style Metastaz est bien là, oppressé, limite dépressif, aux frontières du dub et de la dark-music au sens large du terme: mélodies tristounettes à la Depeche Mode ("Fight babylon again"), parfois à la limite du gothique ou de l'industriel ("Crash")... Metastaz est à mille lieues du folklore rasta, et son but n'est visiblement pas de faire danser la foule dans une ambiance festive; remarquez, vu le nom de d'artiste qu'il s'est choisi, on s'en serait douté. Il ne lui reste plus qu'à acquérir un peu de maturité, et nulle doute qu'il parviendra sans forcer à imposer son style au sein de la grandissante communauté du dark-dub. 2D. Son site: http://membres.lycos.fr/metastaz42/ Metastaz apparaît sur la compilation Dubzone numéro 3. |