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PHILOSOPHY MAJOR |
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Hypnerotomachia
"Be forewarned: you hold in your hands the horror-core soundtrack to the infamous 15th century Alchemical Text of love and terror", nous prévient la pochette du CD, et on comprend d'emblée que s'il est question de dub, ce dub là ne cède pas volontiers aux clichés du genre, se positionnant au contraire sur le front de l'expérimentation revendiquée sur fond de prise de chou intello-philosophique, sur laquelle nous ne nous attarderons pas, nous contentant simplement de préciser que, toujours d'après la pochette: "The contents of this CD are freeform microwave translations of Leon Battista Alberti's Hypnerotomachia Poliphili using Fulcanelli's Decryption Algorithm for Alchemical Code and the "Language of the birds". Fore more information on this technique, please visit Lovecraft Technologies website at lovecraft-technologies.com." Qu'on se rassure, point n'est besoin d'être titulaire d'une thèse en philosophie pour accéder aux mystères de cet album, on peut aussi l'apprécier à sa juste valeur avec un CAP de plomberie en poche, car c'est de musique qu'il est question, et je le rappelle, la musique est un langage universel, d'autant plus lorsqu'il est question de dub. En l'occurrence, un dub particulièrement lourd, comme on peut s'en douter quand on sait d'une part que l'album est sorti chez Wordsound (le label de Bill Laswell et du Crooklyn Dub Consortium), d'autre part qu'il a été co-produit par Prince Charming, avec lequel Philosophy Major avait déjà collaboré sur l'album "Fantastic voyage". Sur cet "Hypnerotomachia", le dub se manifeste surtout par sa profondeur et la prédominance de ses basses; sur le plan rythmique, les morceaux s'appuient principalement sur des bases break-beat lentes et crades, quasi scorniennes, donc aux antipodes du roots-dub. Pour autant, on aurait tort de considérer Philosophy Major comme un enième nom du "dub-hop" sombre, car l'album n'est pas sans véhiculer une certaine chaleur, liée à la présence omniprésente d'éléments sonores empruntés au jazz (trompettes, pianos, contrebasses...); mélangés aux nappes quasi ambient qui rodent du début à la fin de l'album, ils prennent une coloration aussi inattendue que déconcertante, en tout cas impossible à décrire. Philosophy Major a étudié l'improvisation avec la légende du jazz Yusef Lateef, en est-ce la conséquence? Difficile à savoir, mais le résultat a ceci de notoire que s'il mélange le chaud et le froid, le résultat n'est jamais tiède. 2D. |