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PIRATEDUB |
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Institute
of Reggae Music
Le moins que l’on puisse dire est qu’on est resté
longtemps sans nouvelles du parisien PirateDub depuis son premier essai très
prometteur, Up Tone Down Town,
sorti en 2002 chez Nocturne. Celui-ci, une excellente galette de reggae-dub
de tonalité assez sombre éclairée notamment par la voix du grand U-Brown,
promettait beaucoup de bon son à venir. Puis les années passèrent et de
deuxième album, point. Juste un morceau – mais quel morceau, Tujah !
– reproduit sur toutes les bonnes compilations de dub français de ces
trois dernières années (le gigantesque et irrésistiblement cinétique
“Hammond vs Bass” qui fit en leur temps le bonheur des compilations
“Dub in France 1”, “Dubzone volume 2” (toujours dispo sur notre
site, d’ailleurs), “French Dub System 2.0” et “Travel Sound”, de même
que celui de nos oreilles à tous ici). A la suite d’un gros problème
avec sa maison de disque alors que le disque était prêt à être distribué,
la sortie d’Institute of Reggae
Music fut repoussée, puis annulée. Ceux qui connaissent le fin mot de
l’histoire n’ont aucun doute sur l’incompétence touchant à la
malhonnêteté de la maison de disque en question (et ce n’est pas
Nocturne, hein), mais une fois encore ce sont les artistes et les amateurs
de musique qui prennent les coups, et il faudra se reporter vers un mode de
distribution parallèle (mule, mulet ou assimilé, CD-R, copie cassette…
faut ce qu’il faut, quoi) pour se procurer le très bon deuxième essai du
DJ PirateDub. C’est d’autant plus regrettable que PirateDub a profité
de ces trois années forcées de travail consentant pour aguerrir et bonifié
son dub, et qu’il témoigne tout au long des treize titres d’Institute of Reggae Music d’une parfaite maîtrise de ses
instruments et de leurs techniques, toujours au service d’un remuage de
gambette optimal (“Hammond vs Dub”, “Dub 11”, “Strend Roots”,
“Bass vs Kick”). Et quand son inspiration s’apaise, ce sont de grands
moments d’électro-roots contemplatif qu’il nous propose (“Give Thanks”
et surtout le magnifique “Bandoneon Dub”). Bien sûr, il manque encore
la puissance de vrais musiciens (à imaginer les mêmes morceaux en live
avec une section rythmique et/ou des solistes humanoïdes, mes quelques
neurones survivantes sont au bord de la pamoison), mais l’intelligence
musicale, l’érudition discrète aux citations de bon goût (“Clavinette”)
et la magie des combinaisons électro-acoustiques compensent largement ce
petit manque de chair – notons au passage que le nouveau mix de l’album
disponible sur le web depuis fin 2005, bien plus relevé, pêchu et charnu,
est nettement supérieur au mixage original de 2004. Toujours ludique sans
jamais s’affranchir de la mélancolie et de l’intelligence, Piratedub
confirme dans des conditions hélas rocambolesque qu’il est un acteur de
la scène dub française à ne surtout pas négliger. Rendez-vous pris, du
coup, pour un troisième album espéré de tout cœur qu’on n’attendra
donc qu’avec plus d’impatience.
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