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POLE |
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Stefan Betke n'est pas seulement le responsable du label ~scape, porte-drapeau du dub berlinois, c'est aussi et surtout le fondateur et membre unique (hors collaborateurs) de Pole. Deux bonnes raisons pour qu'on s'intéresse un peu sérieusement à son cas. Pole
Et bien voilà, cette fois ça y est, c'est officiel, clair, net et précis: Pole, aka Stefan Betke, a définitivement tourné la page du dub ultra-minimaliste à la sauce parasite qu'il a inventé et le caractérisait jusqu'alors. On sentait l'amorce d'un changement sur ses dernières livraisons, mais ce nouvel album éponyme enfonce le clou de façon radicale. Le ton est donné dès "Slow motion", morceau d'ouverture, genre d'electro-hip-hop déstructuré, qui pour la première fois dans l'histoire de Pole s'offre le luxe d'un chanteur (Fat Jon, de Mush Records, membre de Five Deez). Surprenant quand on se souvient des premiers albums, mais très bien ficelé, force est de l'admettre. Le reste du disque est coulé dans le même moule: une base hip-hop, voire abstract hip-hop omniprésente, enrobée d'éléments acoustiques (basse, saxophone, et le chant rap de Fat Jon sur la majorité des morceaux), le tout produit à la sauce electro dub teutonne. Que reste-t-il du Pole d'avant? Beaucoup de choses en réalité; une certaine façon d'agencer les rythmes, de filtrer les sons, un goût prononcé pour les infrabasses et les ambiances étouffées... mais ce qui différencie radicalement le Pole d'aujourd'hui de celui d'hier est qu'il a rompu avec le minimalisme intransigeant qui jusqu'alors était sans doute sa première caractéristique. Et malgré une relative continuité dans les procédés, le résultat est tellement différent qu'on ne reconnaît plus Pole. Doit-on le déplorer? A chacun d'en juger selon ses goûts, mais il faut reconnaître à Stefan Betke la volonté louable de ne pas se reposer sur ses acquis, quitte à prendre le risque de décevoir ses fans les plus intégristes. Les amateurs d'electro hip-hop nouvelle école peuvent se ruer sur l'album, qui contient quelques perles: "Slow Motion", "Bushes", "Arena" pour ne citer que les plus évidentes. Quand aux amateurs de la première heure, qu'ils se rassurent: Pole ne renie pas ses origines, et malgré ce revirement hip-hop, continue de souffler sur les braises du dub avec avidité. Le mélodica de "Arena" ou "Green is not green yellow" est là pour le prouver, à l'instar du groove général de l'album, finalement plus dub que break. Déconcertant à la première écoute, excellent à la seconde, pari audacieux, mais pari gagné. 2D. Site web: http://www.pole-music.de |