|
|
|
RHYTHM & SOUND |
|
See Mi Yah Remixes Si vous êtes des inconditionnels
des volutes minimalistes auxquelles nous a habitué le duo berlinois, vous
risquez fort d’être déçus par cette livraison remixée de leur dernier
« See Mi Yah ». En revanche, si vous êtes familiers des autres
projets plus technoïdes de Mark Ernestus et Moritz Von Oswald (Maurizio,
…) ou que vous avez adoré « Basstone » et « No Wave »
sur le récent « Metà Metà » de Zenzile, vous pourriez bien
trouver de nouvelles raisons de creuser votre découvert bancaire. Si ce
n’est déjà fait… Sorti il y a en effet quelques
mois (qui a dit « fainéants » ?!), cet album compile les
différents remixes parus sur les maxis vinyls tirés de « See Mi Yah ».
Si ce dernier poussait le dub dans ses ultimes retranchements en le dépouillant
jusqu’à sa plus simple expression (un seul riddim vaporeux pour tout
l’album), sa version revisitée le maltraite tant et si bien qu’on
n’en reconnaît plus grand-chose au final. Hormis quelques titres qu’on
peut encore étiqueter de dub sans trop choquer le premier dreadeux venu (« See
Mi Version – Basic Reshape », « Boss Man – Tiki’s Pure
Blue Remix », « Let Jah Love Come – Sweet Substance Remix »,
« See Mi Yah – Hallucinator Remix »…), une bonne partie de
cet album séduira quand même plus sûrement les clubbers invétérés (qui
a dit « invertébrés » ?!). Il faut dire que les Berlinois se
sont adjoint les services de quelques grands noms de la discipline. Carl
Craig, Villalobos et François K. sont par exemple tous trois des
incontournables d’une certaine techno dite « intelligente »
(pour parler comme Les Inrocks), et signent chacun un remix très efficace,
à condition certes de goûter un minimum la cold techno from Detroit, la
deep house electronica ou la drum’n’bass dubstep (cherchez pas, je tente
des trucs au niveau des étiquettes…). Après, j’avoue moins m’y
retrouver quand ça part dans des rythmiques plus lounge ou plus house, sur
lesquelles je ne peux alors m’empêcher d’imaginer des quinquas défraîchies
essayer de réparer les dégâts en pratiquant le step avec assiduité…
(qui a dit « pervers » ?!) Quelques bons moments donc, mais
dans l’ensemble ce « See Mi Yah Remixes » aura bien du mal à
concurrencer son homologue au moment de choisir celui qui atterrira dans la
platine. Préférez peut-être les maxis, qui vous permettront de ne garder
que le meilleur… Une sortie mi-figue mi-raisin qui n’entachera néanmoins
pas notre admiration pour les travaux du duo dont on attend la suite avec
impatience ! (qui a dit « fayot », bordel de merde !?!)
Kalcha See
me ya
Ah, je les entendais
déjà, aux quatre coins de la grande ville, les hommes de peu de foi répandre
de fausses nouvelles – “Alors oui, il paraît qu’à Dubzone, ils brûlent
ce qu’ils ont adoré – même Télérama et les Inrocks en ont parlé avant
eux – plusieurs mois depuis la sortie et pas un mot – tu te souviens
l’an dernier quand ils nous gavaient avec ça dans toutes leurs playlists,
tous autant qu’ils sont ? – ah décidemment, le retournage de veste,
ça marche chez tout le monde !” RemainUnderground (1) Je sais, j’ai la référence consternante ces temps-ci. C’est l’été, tout ça, alors on se laisse un chouia aller de la ciboulette. Ou alors c’est l’effet de la boisson, allez savoir. Rhythm & Sound est l'un des nombreux "noms de scène" des producteurs Berlinois Mark Ernestus
et Moritz von Oswald (Maurizio), fondateurs du prolifique label Basic
Channel, et de ses nombreuses variantes qui déclinent leurs productions par
genre, comme Chain Reaction (techno / eletro dub, qui a produit Porter
Ricks, Vainqueur, ou Monolake), Rhythm & Sound (c'est
aussi le nom d'un label, orienté electro dub, minimaliste, principalement
instrumental), et surtout Burial Mix, qui concerne Dubzone au plus haut
point, puisque ses productions reprennent les bases de celles de Rhythm
& Sound (le label), et y associent les voix de figures du reggae, dans
ce que les gens de Boomkat (www.boomkat.com,
une très honnête maison) qualifient de "réinvention du reggae",
on peut pas mieux décrire l'affaire. Rhythm & Sound w/Jah Batta La sagesse populaire est formelle: on ne change pas une équipe qui gagne. Surprise, la sagesse populaire a tort. Pour preuve, voilà une équipe qui change à chaque nouvelle production, et gagne très nettement, ne serait-ce qu'une entrée durable dans ma playlist. Cette nouvelle production reprend les principes des précédentes: une rythmique electro, avec des presque claps en guise de caisse claire, une basse synthétique, et un chanteur brillant (Jah Batta, donc), dont la voix claire est encore enrichie par le traitement dont R&S la gratifie, réverbérée ici, démultiplitée là. Une nouveauté de taille, de mon point de vue, est l'adjonction de guitares, à la fois sur un plan rythmique, typiquement reggae, mais aussi mélodique, brodant légèrement autour du thème, et ce de façon de plus en plus insistante alors que le morceau avance. Cet aspect est d'ailleurs nettement développé dans la version instrumentale, nettement plus longue, et où cette guitare remplace le chant et évite au thème de verser dans la monotonie. Du reste, je suis habituellement beaucoup moins client des versions instrumentales que des versions chantées chez R&S, mais cette version de "Music Hits You" fait exception. S'installant dans l'humeur instaurée par son prédécesseur immédiat dans la série Burial Mix ("Queen in my Empire", avec Jennifer Lara), ce titre est un peu plus "up tempo" que les plus anciens, voire, croyez-le ou non, joyeux. Enthousiasmant, à tout le moins. On sort de là ravi. Et on y retourne. Rhythm & Sound w/ The Chosen Brothers
MP. Site si-ce-n'est-officiel-du-moins exhaustif: http://www.circonium.de/music/index.html |