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SATORI |
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Emotionnal steppers Comment définir la musique du nantais Satori? Dub stepper? Trop restrictif. Electro dub? Trop vague. Ambient dub? Pas seulement. Le plus simple est de se fier au titre de son CD autoproduit: "Emotionnal steppers". Stepper, car c'en est incontestablement, et du meilleur cru: du dub d'inspiration anglaise, rythmiques martelées, basses ronflantes, sirènes et mélodica, effets à tous les étages; "emotionnal", car la volonté de créer un climat est omniprésente, selon des procédés propres à l'ambient. Nappes de synthés atmosphériques, chorus métalliques, delays qui dérivent au confins de l'espace sonore, samples, auxquels il convient d'ajouter un goût marqué pour l'expérimentation; sur "Gaia'm", des chuchotements dessinent une ébauche de rythme, sur laquelle une grosse caisse stepper vient progressivement battre la mesure... bref, la démarche est proche de celle de Brain Damage, et le résultat aussi. On le ressent particulièrement sur "Seven ways of life", où des skanks de piano passés au phaser battent la syncope sur un beat stepper, au milieu de nappes inquiétantes qui sont une constante de l'album. Les mélodies sont en effet souvent sombres ("Elohim's light", un morceau qui ferait danser des fans de dark wave), et si le coté atmosphérique l'emporte au final sur l'ensemble du disque, on ne s'en dit pas moins en l'écoutant qu'on le dégusterait bien en sound system, avec ce qu'il faut de basses et de décibels pour en mesurer toute la saveur. Très bon disque donc, auquel le seul petit reproche qu'on puisse faire concerne le son, qui manque sans doute un peu de pêche. On aimerait plus de relief et des basses qui se détachent davantage, même si, pour une autoproduction, le résultat est plus qu'honorable. Juste histoire de dire qu'avec un peu de moyens et quelques séances de studio, Satori a tout pour graver durablement son nom sur le marbre du dub français. On attend donc la suite avec impatience. 2D. |