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TRANSDUB MASSIV |
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Negril to Kingston City
Avec "Negril to
Kingston City", le duo new-yorkais Transdub Massive (alias MT Floyd et
Mystic Urchin) a signé un des albums de dub les plus inspirés de l'année
2005. Le postulat est simple: confronter le reggae-dub des années 70 aux
sonorités de la musique électronique d'aujourd'hui, tout en respectant
l'identité roots originelle. Beaucoup s'y sont essayés, pour finalement se
casser les dents faute d'inspiration et de moyens techniques. Si la
mayonnaise Transdub Massiv prend, c'est car sa recette est à l'exact opposé
du sempiternel sample de vieux disque de roots mis en boucle sur un beat
electrodub. A l'instar de Rhythm & Sound, qu'il est impossible de ne pas
citer tant la fraternité est flagrante, les musiques de Transdub Massiv
sont composées dans une approche globale du son, où le grain et la texture
ont d'emblée autant d'importance que les rythmes et les mélodies, pour définir
au final une musique extrêmement subtile et nuancée, et paradoxalement à
la fois chaude et glacial, joyeuse et triste, sans qu'on ne comprenne
vraiment pourquoi. Sensation qui trouve son point d'orgue sur le morceau
"Moonrise dub", que des dizaines d'écoutes en boucle ne suffisent
pas à émousser. Le recours à des guests vocaux (Ce'Cile, Sizzla,
Christine Straw, Farenheit...) et à de vrais instruments sur quasiment tous
les titres (mentionnons en particulier les lignes de basse de Me-Shell
Ndegeocello) explique pour beaucoup la réussite du projet, mais pas
seulement. Il y a au départ une science du son et une culture musicale
criante, qui propulse ce disque incontournable dans les sphères si
difficilement accessibles de l'intemporalité. Du grand art. 2D. |