TRANSDUB MASSIV

Negril to Kingston City
Nocturne, 10/05

Avec "Negril to Kingston City", le duo new-yorkais Transdub Massive (alias MT Floyd et Mystic Urchin) a signé un des albums de dub les plus inspirés de l'année 2005. Le postulat est simple: confronter le reggae-dub des années 70 aux sonorités de la musique électronique d'aujourd'hui, tout en respectant l'identité roots originelle. Beaucoup s'y sont essayés, pour finalement se casser les dents faute d'inspiration et de moyens techniques. Si la mayonnaise Transdub Massiv prend, c'est car sa recette est à l'exact opposé du sempiternel sample de vieux disque de roots mis en boucle sur un beat electrodub. A l'instar de Rhythm & Sound, qu'il est impossible de ne pas citer tant la fraternité est flagrante, les musiques de Transdub Massiv sont composées dans une approche globale du son, où le grain et la texture ont d'emblée autant d'importance que les rythmes et les mélodies, pour définir au final une musique extrêmement subtile et nuancée, et paradoxalement à la fois chaude et glacial, joyeuse et triste, sans qu'on ne comprenne vraiment pourquoi. Sensation qui trouve son point d'orgue sur le morceau "Moonrise dub", que des dizaines d'écoutes en boucle ne suffisent pas à émousser. Le recours à des guests vocaux (Ce'Cile, Sizzla, Christine Straw, Farenheit...) et à de vrais instruments sur quasiment tous les titres (mentionnons en particulier les lignes de basse de Me-Shell Ndegeocello) explique pour beaucoup la réussite du projet, mais pas seulement. Il y a au départ une science du son et une culture musicale criante, qui propulse ce disque incontournable dans les sphères si difficilement accessibles de l'intemporalité. Du grand art.

2D.  

http://www.transdubmassiv.com

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