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WEBCAM |
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Après un premier album, "Weaving", sorti en 1999 chez Noisemuseum/Naïve et remarqué par la presse (Magic, Coda, The Wire), Webcam revient aujourd'hui avec "Deep seated into skyline", fraîchement sorti des samplers. Un album toujours sans label à ce jour, aussi la suivante critique est-elle une exclusivité permise par l'artiste, qui nous a généreusement expédié son album en avant-première, ce dont nous le remercions chaleureusement. Deep seated into skyline La musique de Webcam est sombre et froide, au carrefour du dub, du break-beat, de l'industriel et de l'ambient. Loin de la Jamaïque et des champs de marijuana, Webcam évoque plutôt quelque grand centre urbain déshumanisé, où règne le béton et suinte la grisaille. Pourtant, la pulsation dub est bien là, certes diffuse, mais distillant ses basses tel un sceptre errant au milieu d'une épaisse et omniprésente chappe de nappes, samples et autre sons "ambient", au sens large du terme, au travers desquels percent des rythmiques oscillant en permanence entre break-beat et drum'n bass. Rythmiques agencées avec une minutie d'orfèvre, dans une luxuriance qui n'est pas sans évoquer à plusieurs reprises la subtilité d'un Download ou d'un Plateau, emblèmes du mythique label Subconscious communication; on le ressent nettement sur "Tuocha Tea". L'analogie ne s'arrête du reste pas aux seuls éléments rythmiques, mais s'applique également au traitement du son et à l'agencement des samples en général. Au chapitre des influences, citons également Scorn, pour la lourdeur et la prédominance des éléments atmosphériques, la musique industrielle en général (on jurerait le morceau "Ny-lon(e) Pi-lone" droit sorti d'une compilation Ant Zen...), et même le jazz expérimental nordique: sur "Js's death on monday", quelques samples de trompettes insufflent à une rythmique pourtant pesante une légèreté aérienne. Quelques éléments ethniques ("Another different blow"), participent de la même démarche. Il convient toutefois de parler de "connexions" plutôt que "d'influences", car la musique de Webcam transcende les genres desquels elle s'inspire pour les fondre dans son identité propre. En cela, "Deep seated into skyline" laisse transparaître l'étendue de la culture musicale de son auteur, et c'est ce qui fait toute sa richesse: un album pointu, à destination des fans exigeants qui ne trouvera certes pas un public démesuré mais plongera la poignée d'amateurs qui succomberont à ses charmes dans des abîmes de réjouissance mélomane. A son écoute, on comprend aussi d'où vient le "petit truc en plus" qui fait tout le charme et la spécificité de Löbe: Frédéric Luneau ne se contente pas de maîtriser son matériel et de dresser un inventaire démonstratif de ses possibilités techniques, il sait faire naître de ses machines un univers qui lui est propre. Ca porte un nom: le talent. Un talent qui ne se laisse pas facilement apprivoiser; les premières écoutes de "Deep seated into skyline" sont laborieuses, et demandent à l'auditeur un effort de participation. Mais le paysage musical qu'il découvre passée la phase d'approche en vaut la chandelle. C'est le propre des plus grands albums. 2D. Un MP3 complet issu de l'album (compressé à 128 kbps, alors il y a sans doute un peu de perte...), afin que vous puissiez juger sur pièce: Another different blow. Merci qui? Merci m'sieur Luneau. |