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Tube Dub Sound Records #3, 4 et 5
Après une année 2006 consacrée à la construction de sa propre maison, le
rootsman Frédéric Luneau alias Webcam Hi-Fi revient avec pas moins de trois
nouvelles livraisons sur son label "Tube dub sound records". La
formule n'a pas changé: riddims roots, sons digitaux à l'anglaise, voix
et cuivres, agencés selon le sempiternel schéma de la chanson suivie de sa
version dub. Ce sont deux voix bien connues des amateurs de roots français qui
se partagent l'affiche du volume 3: Tena Stelin (entendu notamment chez Brain
Damage...) et Anthony John, dans des
morceaux ostensiblement roots et leurs déclinaisons dub. A peine le temps de
les déguster que Carlton Livingston et Humble I prennent le relais sur un
volume 4 qui attire immédiatement une attention enthousiaste sur "Can't keep I
down", riddim imparable toasté avec maestria par Humble I. On y retrouve un peu les ambiances tordues qui nous
rappellent qu'avant Webcam Hi-Fi, il y avait Löbe Radient Dub System... mais le
gars Luneau a plusieurs cordes à son arc, et nous le prouve en changeant à
nouveau de cap dans un volume 5 entièrement féminin: sur le même riddim,
Naïma et Sista Widey posent une version chantée pour la première et toastée
pour la seconde. Petite préférence pour celle de Widey en ce qui me concerne,
de la graine de tube... de tube dub soud records, bien sûr! Au final, trois
maxis assez variés mais offrant une indéniable cohérence stylistique,
révélatrice d'une identité forte. Bref, trois nouveaux indispensables dans votre
dubothèque, et une énième preuve éloquente que le roots n'est pas
incompatible avec la modernité.
2D.
Retrouvez
"Can't keep I down" sur la compilation
Dubzone 10.
Tube Dub Sound Records #1, 2005
Résumé
des épisodes précédents: au départ, il y a Löbe
Radient Dub System, cinq albums au compteur, dont deux chez Jarring
Effects. Au centre du dispositif, une main sur la souris et l'autre sur la
console de mixage, Frédéric Luneau. Quand il ne joue pas avec Löbe, l'homme
s'essaye au laptop en duo avec le pianiste Sylvain Chauveau dans le cadre du
projet Micro:mega, déjà deux albums sont sortis sous ce nom; quand il se
retrouve enfin seul, c'est sous les appellations Webcam et Webcam Hi-Fi qu'il
signe ses productions. Webcam a donné lieu à deux album, "Weaving",
sorti en 1999 chez Noisemuseum et "Deep seated into skyline",
toujours sans label à ce jour, mais dont on trouve néanmoins une critique et
un extrait en mp3 ici.
Résolument sombre et expérimental, le projet Webcam est aux antipodes de son
petit frère Webcam Hi-Fi, pour le coup ouvertement classique: du dub roots à
l'anglaise, dans la formule incontournable du titre chanté suivi de son dub.
C'est ce qu'on découvre sur le premier vinyle 10'' sorti sur le label Tube
Dub Sound Records, monté pour l'occasion, et pressé chez Jah Tubbys à
Londres. Deux chansons, la première interprétée par Madu de Vibronics, la
seconde par Kenny Knots, suivies de leur dub, nous permettent d'enfin
découvrir le rootsman qui sommeille dans la peau de Frédéric Luneau, dont
on aurait difficilement pu soupçonner l'existence à l'écoute du toujours
très sombre Löbe Radient Dub System, sans parler de Micro:mega ou Webcam. Et
pourtant, tous ceux qui l'ont croisé de visu pourront en témoigner, le
lascar a plus des allures de vieux rastafarien à l'haleine chargée par la
ganja que du cyberpunk froid et austère que l'on pourrait croire. Même si
les instruments de ce premier quatre titres sont intégralement
électroniques, le choix des sonorités comme les arrangements restent
toujours au service d'un dub roots à l'anglaise à la Vibronics, ou tel qu'on
pourrait l'entendre sur une compilation Dubhead. Les basses se promènent avec
nonchalance sur des riddims midtempo, calquant leurs pas sur des skanks de
claviers qui battent incessamment la mesure, au milieu de nuages de sons
d'appoint, bips, sirènes, synthés bidouillés, voire saxophone sur "War
in the street" (feat. Kenny Knots) qui vient enrichir le coté roots du
morceau. De l'excellent travail, en vente 5 euros sur les stands et chez les
distributeurs locaux. Ce premier maxi inaugure une série, dont le prochain
épisode devrait réunir deux voix féminines: Naïma (Dubians) et Nya Azania
(Jah shaka). Qu'on se le dise: le train Webcam Hi-Fi est en marche.
2D.
En live, Webcam
Hi-Fi se produit avec MC Jornick de Tours. Quelques photos.
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