ZENZILE

ZENZILE SOUND SYSTEM – Metà Metà
UWE, juin 2006

Qu’est-ce que vous voulez ? Ca vous surprend, vous ? Quand vous demandez à un groupe de compiler une anthologie du dub de ces 30 dernières années, et qu’ils ne vous citent aucun groupe steppa anglais pour leur préférer un Fugazi ou un Roots Manuva, il ne faut pas trop s’étonner après…

Alors quand aujourd’hui le groupe angevin annonce la sortie d’un album de musiques électroniques, bah, forcément, ça sonne pas du tout comme les petits camarades qui donnent tous dans la drum’n’bass, la hard tek ou le break beat ethnique… Non, Zenzile a autrement plus de classe et de talent que ça !!

Ce « Metà Metà » arrive dans la carrière du groupe comme un exutoire d’idées difficilement exploitables dans un album officiel sans risquer l’éparpillement, d’où cette appellation « Sound System » censée avertir du côté « digital » de la chose. On est pourtant bien loin des habituelles sirènes ou autres odes à Raaaaas Tafariiiiiiiiiiii…  

Ces 11 titres + 2 interludes nous promènent plutôt dans l’univers parallèle des Angevins. On connaît notamment leur amour des productions dub et techno teutonnes (Maurizio & Co) qu’on retrouve ici sur deux titres à la rythmique minimale mais hautement addictive (« Basstone » et « No Wave »). Les aficionados des atmosphères cinématographiques se pâmeront devant « Minorités » ou « Mobylette démocratie » que n’auraient sans doute pas reniés Amon Tobin et The Cinematic Orchestra. Mais force est de dire que le quintette a encore réussi le tour de force de créer un nouveau répertoire éminemment personnel, toujours emprunt d’éléments jazzy, abstract hip hop, folk, soul et electronica. Il serait bien difficile de plébisciter un titre plutôt qu’un autre. L’ensemble est éclectique tout en restant cohérent. Du japanimé « Akiko » à l’afro « Mille francs Mille francs », en passant par le splendide « Flying Carpet » (feat. Vincent « Cello » Segal) ou le quasi aphextwinien « President’s version », « Metà Metà » place encore une fois la barre très haut et confirme le statut à part de Zenzile sur la scène (inter?)nationale.

La première écoute surprendra inévitablement le fan de longue date, il est donc vivement conseillé d’insister un peu. Car on retrouve finalement assez vite la patte du groupe, ce son si particulier, et cette originalité qui ne leur a pour l’instant jamais fait défaut.

Les Zenzile sont irrécupérables. Incurables. Ils ne feront manifestement jamais rien comme tout le monde. Et c’est tant mieux.

Kalcha


Modus Vivendi
Supersonic, mars 2005

 

            Il y des jours comme ça où on se dit que ça y est, que c’est arrivé. Que Noêl Noêl, Hosanna au plus haut des cieux et tout ça. Que tout n’est pas si pourri que cela, qu’il reste du temps et plein de choses à faire. Que le dernier Daft Punk n’est qu’un gros canular à prendre au trentième degré. Que Raffarin quitte la politique et est engagé au service communication/marketing de 9 Telecom. Que la gamine de quatorze ans qui opinait du walkman de l’autre côté du métro n’écoutait pas le dernier Mylène Farmer mais le nouveau Zenzile, et qu’en rentrant elle allait monter un groupe de dub avec sa grande cousine, celle qui pour l’instant joue de la basse dans l’orchestre de bal de son village de l’Orléanais profond. Et puis non, finalement le soir vient, et on allume la télé pour se regarder un dvd, et on tombe par hasard sur une émission de télé-crochet porcine et auto-satisfaite, et on se dit que ça ne va pas être aussi facile que cela, en fait. Mais qu’il nous reste quand même le dernier Zenzile…
            On avait laissé les angevins de Zenzile au bord de la consécration avec un Ep “With Cello” à la médiatisation méritoire et méritée. Ajoutons à cela un troisième album, Totem, qui s’inscrivait directement au panthéon du dub moderne et que 2D avait salué d’éloges choisis en son temps et en ce lieu, et il semble évident que quiconque possède deux oreilles en France et n’a pas entendu parler de Zenzile doit avoir passer les six dernières années en expédition sur l’Himalaya, sur la station Mir, marié à un joueur de football hongrois ou endormi devant la dernière pièce de Bedos père et fils (ne me demandez pas l’origine de cette dernière comparaison, c’est une attaque purement gratuite et sans fondement, comme plus haut au sujet de l’Orléanais, région où je n’ai jamais mis les pieds – pas plus que dans un théâtre où jouerait le comique troupier en question, d’ailleurs). Eh bien, croyez-le ou non, mais Zenzile transforme avec brio l’essai marqué par le brillant, séduisant et néanmoins incandescent Totem avec leur nouvel album, dont il faudrait quand même que je parle un jour, l’excellentissime et presque trop beau pour être vrai Modus Vivendi (après l’Opus Incertum de Hightone : les dubbers français seraient-ils latinisants ?).
            L’ouvrage est sans doute l’un des plus maîtrisés que le dub français ait jamais pu offrir à nos ouïes pourtant impavides. L’énergie de l’instrumentation live, à peine agrémentée de textures et de nappes électroniques, est toute entière au service de ce qu’on va bien finir par devoir appeler “songwriting instrumental”, si l’on a pas trop peur d’être accusé de pédanterie critique. Plus direct et dans l’ensemble plus pêchu que son prédécesseur, Modus Vivendi a également l’avantage de résumer en trois quart d’heure les multiples facettes de l’immense talent du groupe. Le morceau d’ouverture, “Wow“, dominé par une flûte crypto-jazzy, semble installer l’auditeur dans une quiétude béate aussitôt démentie par la cavalcade militante et épique d’un “War Still A Run” porté par les larges épaules de la vieille connaissance Sir Jean Gomis, précieux chanteur de Meï Teï Shô – déjà présent sur l’historique “Axis of Evil” dont on vous rebat les oreilles depuis des mois, et qui le mérite, en plus. La suite de l’album s’organise grossièrement autour de deux axes : des instrumentaux proches des fondamentaux du dub mais ornés de multiples prouesses de clarté sonore et d’effets cristallins (“Pirates”, ses synthés glougloutants et son imparable basse aussi mélodique que rythmique – comme dans tout bon dub qui se respecte mais en mieux –, “Basic” et sa construction harmonique maligne sous une alliance basse-percus sur-dynamisée) ; des titres faisant intervenir des invités et explorant les lisières du dub : outre le furibond “War Still A Run” qui ferait passer Johnny Rotten pour un militaire suisse sous valium, l’épique “Up Is A Long Way To Go” mêle la voix de notre vieille connaissance Janika avec un déchaînement de guitares rock et se permet même un solo de guitare (un SOLO de GUITARE !!!!, avec bends et tout et tout…) impensable chez les puristes cul-serrés du dub de grand-papa et les tenants de la pureté des genres musicaux – chez les obtus du bulbe, quoi –, la friandise “Eolian Blues”, plus venteux que bluesy au demeurant, étale le violoncelle de Vincent Segal (le “Cello” de Bum Cello et de “With Cello”) le long d’arrangements classieux et un peu tire-larmes qui devraient faire trembler Yann Tiersen du haut de son phare breton, et surtout, last but not least, l’extraordinaire “Simple Lesson” hisse Zenzile au rang de meilleur groupe pop-rock-électro-dub-je-ne-sais-pas-comment-ça-s’appelle-parce-que-ça-n’existe-pas-encore français du moment.
            J’aurais une thèse à écrire sur ce dernier titre, ouvertement écrit dans un format “chanson” mais dépassant en urgence et en intensité 99% des morceaux joués en radio depuis l’invention des radios libres. Adolescent, j’aimais les chansons où on avait l’impression qu’on nous enfonçais la tête dans la lunette des chiottes. Depuis qu’on me dit que je suis adulte, j’ai appris à aimer les chansons où l’on nous maintient la tête dans les chiottes et où, en plus, on aime ça. Et là, non seulement on manque de mourir noyer dans de l’eau croupie, non seulement on kiffe sa race, mais en plus il y a Sir Jean qui vient nous arracher les nerfs auditifs à coup de lyrics imparables sur fond de guitares déployées façon miradors et barbelés.
            Mais bref, autant résumer pour ceux qui n’aurait pas encore compris (ou qui ne prennent pas la peine de lire en entier les chroniques de plus de dix lignes) : Modus Vivendi est à ma connaissance le premier album intégralement réussi de dub crossover, pouvant toucher un public élargi et protéiforme, venu de la pop, du rock ou du reggae-dub, tout en conservant une intégrité artistique irréprochable. S’il y a une justice en ce bas monde, vous verrez que l’un des plus vieux groupes de dub français en activité réussira bien à décrocher une nomination pour la “révélation” de l’année aux Victoires du Music-business 2005. C’est tout le mal qu’on leur souhaite, à eux et à tous ceux qui ne les connaissent pas encore. En attendant, leur “manière de vivre”, nous, autant vous dire qu’on l’a déjà adopté. A l’unanimité.

            RemainUnderground


Zenzile, du nom d'un poète sud-africain anti-Apartheid, est un groupe né en 1995 à Angers de la rencontre de plusieurs musiciens issus de la scène musicale underground de la ville. Parti sur les bases d'un trio, le groupe, après divers remaniements, prend aujourd'hui la forme d'un quintet batterie, basse, guitare, claviers et saxo; certains des membres, polyvalents, jouent également des percussions et du mélodica.  

Au sein du paysage dub hexagonal, les gars de Zenzile sont un peu à part, dans le sens où leur musique résulte d'une pratique de l'interprétation live plus poussée que celle de leurs confrères. Elle est avant tout la musique d'un groupe, elle sent la salle répétition, les amplis qui chauffent et la peau de caisse claire qui fume, bref, elle respire plus l'énergie brute du rock que les heures de production passées en studio qui caractérisent habituellement le dub. Loin de moi l'idée de critiquer les groupes pour lesquels la production fait partie intégrante de la composition, bien au contraire, le dub trouve son essence même dans ce type de pratiques, simplement, il est agréable, de temps en temps, d'offrir à ses oreilles un bon coup de son brut de décoffrage; le fait que les membres du groupe ne proviennent pas initialement du reggae, mais du punk et du hard-core, expliquent cet état de fait.

Sachem in Salem 
Crash Disques, 1999

Dans Sachem in Salem, leur premier album (en réalité leur second, mais le premier est passé inaperçu et demeure aujourd'hui introuvable), les Zenzile posent les bases de leur musique: un dub instrumental, fait pour les concerts, que les musiciens prennent un plaisir évident à interpréter, plaisir qui se transmet naturellement à l'auditeur. Malgré ses imperfections, Sachem in Salem n'a pas vieilli, et fait partie de ces albums que l'on réécoute régulièrement, avec un plaisir toujours renouvelé, au même titre que certains albums de rock qui ne parviennent pas à se démoder, et ce pour une raison bien simple: la faculté évidente du groupe à produire des "standards", c'est à dire des morceaux où l'efficacité prend le pas sur un étalage éventuel des possibilités techniques du moment, et qui traversent donc le temps sans prendre une ride.

Sound Patrol
Crash Disques, 2001

Sound Patrol, second album du groupe, est l'album de l'expérimentation. Fort des bases définies dans Sachem in Salem, dont on retrouve l'énergie live, renforcée par un son irréprochable, Zenzile part à la recherche de son identité musicale en explorant une grande variété d'ambiances, du dub rock rapide et survolté au dub tranquille, mélancolique à l'occasion, en passant par le reggae plus conventionnel, voire carrément ragga. Les morceaux instrumentaux le disputent aux morceaux chantés, grâce à la participation de Jean Gomis, chanteur de Meï Teï Sho, et de la poétesse anglaise Jamika; tous deux deviendront des collaborateurs réguliers du groupe. Si Jamika parle ses morceaux plutôt qu'elle ne les chante, contribuant ainsi à en renforcer l'aspect atmosphérique, les morceaux chantés par Jean Gomis sont des chansons à part entière, qui brisent agréablement la continuité instrumentale de l'album par leur subite montée en puissance, sans pour autant en altérer la cohérence. Sound Patrol est un excellent album, qui traduit une fois encore la capacité du groupe à composer des morceaux voués à traverser le temps et les modes sans perdre de leur efficacité. "Ice pack sonar", fabuleux instrumental qui ouvre l'album, ou "Chain Lettah", dont la rythmique reggae se marie en parfaite harmonie avec le chant nerveux de Jean Gomis, en sont les meilleurs exemples. 

Totem
Small Axe, 2002

"Totem", dernier album en date de Zenzile, est pour employer une dénomination certes un brin cliché mais en l'occurrence parfaitement adaptée, l'album de la maturité. Les morceaux sont épurés comme ils ne l'ont jamais été, se limitant systématiquement à la sacro-sainte formule batterie/basse/guitare, sur laquelle viennent se greffer claviers et saxo, sans aucun sample ni trop d'effets de production. Le son est parfait, les compositions vont à l'essentiel, dans une rigueur, une précision et un soucis du dépouillement qui forcent le respect. Chaque instrument est parfaitement dosé, chaque son est à sa place; un exemple parmi tant d'autres: dans "Morning daylight", l'orgue définit presque le morceau à lui seul. Les tempos sont assez lents, en conformité avec l'ambiance dub nonchalante qui baigne l'album; une nonchalance qui, ne nous y trompons pas, n'est parfois qu'apparente, et derrière laquelle se dissimule à l'occasion quelques moments d'authentique brutalité. Le break à la guitare du pourtant très paisible "Smell the roses", véritable réminiscence du passé hard-core/punk du groupe, est là pour le prouver. La guitare est du reste omniprésente d'un bout à l'autre de l'album, scellant définitivement l'identité "live" du groupe, en apportant une touche rock délectable à l'ensemble, qui renforce encore l'énergie brute des morceaux. Energie qui atteint son paroxysme dans le morceau "Axis of evil", où les Zenzile retrouvent leur fidèle comparse, Jean Gomis, le chanteur de Meï Teï Sho, pour le meilleur morceau de dub/rock de tous les temps: Axis of evil, véritable tube, dans le bon sens du terme, capable, en concert, d'embraser un public dès ses premières notes. Totem est un album exemplaire, appelé lui aussi à traverser les années pour gagner sa place au Panthéon du dub, voire au Panthéon du rock, et ceux qui regrettent avec nostalgie les morceaux dub de Bad Brains n'ont qu'à l'écouter pour s'en convaincre.

Zenzile meets sir Jean
Crash disques, 2002 
Zenzile meets Jamika
Crash disques, 1999

Pour en finir avec cette présentation discographique, signalons l'existence de deux maxis entièrement dédiés aux deux collaborateurs récurrents du groupe: Sir Jean et Jamika. Zenzile meets sir Jean  propose deux morceaux et leurs versions remixées, dans la veine du Chain Lettah (Sound Patrol) et Axis Of Evil (Totem).  Des morceaux d'autant plus réussis qu'il parviennent à prendre la forme de véritables chansons, structurées en tant que tel, sans pour autant dénaturer le feeling dub qui les anime, et donc évitant de tomber dans le piège de trahir leur style originel pour des chansons plus typiquement reggae. Deux morceaux indispensables, donc.

Zenzile meets Jamika... honte à moi, je ne l'ai toujours pas écouté.     

2D.


Zenzile meets Cello
Small Axe, 2004



Ce troisième EP collaboratif « 5+1 » réunit Zenzile, Jamika, et Cello, aka Vincent Segal, violoncelliste de son état (son pseudonyme l'indique du reste assez clairement - voilà quelqu'un qui peut se féliciter de ne pas avoir préféré le balafon au violoncelle, même si je trépignerais à la perspective d'un Zenzile meets Balafon), moitié de Bumcello (l'histoire ne dit pas si Bum est le pseudonyme de l'autre moitié, mais on peut raisonnablement supposer que non, et faire d'emblée son deuil d'un pourtant très alléchant Zenzile meets Bum, sans parler d'un Zenzile meets Bumbalafon), collaborateur assidu de M (Matthieu Chédid, voyez), bref, quelqu'un dont, pour être franc, j'ignorais tout avant sa collaboration avec Zenzile, n'ayant prêté qu'une oreille distraite, voire résolument sourde, à l'ouvre de M.

Ce « 5+1 » est donc un « 5 + 1 + 1 », voire un « 6 + 1 », tant Jamika fait désormais figure de titulaire, à la satisfaction générale : Zenzile au grand complet, Jamika chantant sur 2 titres, et Vincent Segal violoncellant sur l' ensemble, pinçant, frottant ou frappant les cordes, densifiant la ligne de basse, renforçant le contre-temps, développant les thèmes, et, d'une façon générale, produisant des vibrations propres à élire le violoncelle au rang d'instrument primordial du dub, ou, à tout le moins, du son Zenzile. Rostropovitch inna dub rock style, admettez qu'il y a de quoi être surpris. Cela dit, si le son du violoncelle et le talent de Vincent Segal sont certainement pour beaucoup dans la réussite de ce mélange, que dis-je, de cette symbiose, grâces doivent aussi être rendues aux producteurs/mixeurs : les effets sont choisis et appliqués avec une science qui confine à la magie, et le mix est parfaitement équilibré, ce qui ne doit rien avoir de tellement évident quand il s'agit d'accorder une basse dub et un violoncelle.

Pour autant, et outre, j'insiste, l'apport majeur de Cello, ce « 5 + 1 » est du Zenzile du plus bel orient, que quiconque d'un peu lettré reconnaîtra en une fraction de mesure. Les 7 titres de ce EP exhalent cette ambiance qui leur est propre, faite de quiétude inquiète, recelant autant de doutes que d'espoirs. Comme pour le précédent « 5 + 1 », qui mettait Jean Gomis à l'honneur, tous les titres sont construits autour de quelques thèmes de base, en général maintenus par la basse, et développés de très diverses façons. Ainsi en va t'il du thème de « Airport lights », le splendide titre d'ouverture, qui fait honneur à ses hôtes: Cello y participe en doublant la basse, en appuyant le contre-temps et en développant la mélodie, et Jamika y tient tribune, jouant de son timbre dense et envoûtant, et de sa scansion particulière, pas tellement éloignée du rap  mais plus souple, presque nonchalante. « Transit », qui lui fait suite, est un écho lointain et désincarné de « Airport Lights », dans la plus pure tradition dub, comme le souvenir qu'on peut se faire d'une musique que l'on n'aurait pas écoutée depuis des années: la voix de Jamika n'y est reprise que pour le refrain, et délayée à l'envi. Le même thème est à nouveau repris sur « Ascendance », qui clôt le CD, et de quelle façon : le violoncelle y tient longtemps tous les rôles, avant d'être rejoint par une guitare acoustique au son métallique, le temps d'un final que seul un long silence devrait suivre. Sur le même principe, les quatre autres titres du CD sont en fait deux paires faites de deux interprétations d'un même thème. « Ain't life ironic », authentique Zenzile-Jamika, doublé de son « Ain't dub ironic », où les recettes dub sont appliquées avec talent, et surtout « Funky Delhi » et « Funky Berlin », le premier faisant la part belle à Cello, durant une longue et brillante introduction, d'inspiration, j'imagine, indienne, le second, mon favori, si vous me passez cet avis pour le moins subjectif, développant le même thème en intégrant progressivement le saxophone maison, pour en arriver à un paroxysme qui me laisse invariablement béat, et qui fait que, depuis que ce CD tourne en presque permanence dans ma boîte à musique, j'implore les cieux pour que, d'une part, le prochain « 5 + 1 » se fasse avec une grosse section cuivres (imaginez un « Zenzile meets Antibalas Afrobeat Orchestra »), et que, d'autre part, Vincent Segal soit définitivement intégré au groupe.

MP.


A lire également: la chronique du morceau Axis of evil, tiré de l'album Totem, dans la rubrique du juke-box.

A visiterzenzile.com, site officiel du groupe.

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