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ARTHUR H/ Trouble fête |
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ARTHUR
H. "Trouble-fête".
Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Arthur H., Higelin de son vrai nom, fils de Jacques pour l'anecdote, est un chanteur qui fait fureur chez les trentenaires branchouilles, lecteurs de Libé et autres adeptes des émissions musicales de France Inter. Sa production est globalement assez chiante, à l'exception notoire de son album "Trouble fête", qui par sa qualité justifie amplement sa présence en ces pages. Lorsqu'on l'interviewe sur ses goûts musicaux, Arthur H. ne cache pas son goût pour le dub. Un goût à ce point prononcé qu'il transparaît comme une influence majeure de l'album "Trouble fête". Entendons nous bien: il ne s'agit pas là d'un album de dub à proprement parler; "Trouble fête" reste l'album d'un chanteur avant tout, avec ce que cela implique de restrictions du point de vue de la production. Ce n'est donc pas dans des techniques de production spécifiques que se traduit l'influence dub, mais dans l'ambiance globale des morceaux. On la doit en premier lieu au travail d'orfèvre pratiqué sur les sons. Sur Trouble-fête, Arthur H et ses musiciens ont beaucoup misé sur les samples, dans une volonté manifeste de briser les moules de leurs précédents albums, directement inspirés du jazz. La mélodie ne l'emporte jamais sur l'atmosphère, que chaque son à pour vocation de renforcer; une atmosphère justement diffuse et pesante, telle qu'elle se manifeste si souvent dans le dub. Autre caractéristique commune: la prédominance du rythme sur la mélodie, renforcée par le fait qu'Arthur H parle plus souvent ses textes qu'il ne les chante, posant ainsi sa voix sans ostentation sur des morceaux qui peuvent presque se suffire à eux-même. Là encore, le chanteur, à l'instar de ces musiciens, met son ego dans sa poche pour ne pas nuire à l'atmosphère que décrit sa musique. Deux morceaux d'une profondeur hallucinante se détachent du lot: "Salammbô", et "La tour Eiffel sidérale". Les influences dub d'Arthur H y sont les plus manifestes, jusque dans leurs lignes de basse, que l'on peut presque considérer comme un hommage au genre. On se gardera bien d'affirmer que Trouble-fête est un album de dub stricto sensu. Toutefois, le dub s'y cache, tapi dans l'ombre, non comme un "ingrédient musical", mais comme la manifestation d'une des composante de l'identité de l'artiste. En cela, le dub y témoigne de son universalité. 2D. |
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