DUBZONE 2.0

 Oh, un album de dub - 1er mars 2008, 23 heures et des brouettes

Plus d'un an sans mise à jour, c'est vrai que ça commence sérieusement à sentir le sapin. Mais c'est quoi au juste, qui sent le sapin? Dubzone, ou le dub? En bientôt quatorze mois d'absence béante de mises à jours, exceptions faites d'un Improvisators Dub d'anthologie ("Rumble", chez UW), un second volume hautement recommandable de la Dub Excursion de Sounds Around (maximum respect à Thierry Arnold), un deuxième Fedayi Pacha encore meilleur que le premier (toujours chez Hammerbass, nos amitiés à Jean-Sébastien), une paire de Dub Trio et un inattendu Bad Brains à se remettre à boire de la bière, l'une ou l'autre réédition roots et deux ou trois choses que j'oublie sur le moment... rien qui ne soit à même de justifier un site, a fortiori un site à vocation encyclopédique, avec ce que cela implique de consommation boulimique de nouvelles productions. Alors, qu'est-ce qui a merdé?

Zenzile fait du rock, High Tone de l'electro-hip-hop-rock-dub-indus (rayez les mentions inutiles), Brain Damage fait du euh... Brain Damage, le dub anglais du dub anglais (Jah-Rastafari-Babylon-mes-couilles, c'est bon, on a compris), Rhythm & Sound des opérations marketing... bref, il y a ceux qui ont su s'affranchir des contraintes d'un style au final restreignant  et ceux qui ont fini par s'y enliser, voilà ce qui a merdé. Pourtant, le dub est partout, larvé dans chaque production, cité en référence dans toutes les bouches y compris les moins recommandables, il se cache même dans le dubstep, ce nouveau style très (trop) à la mode, aussi génial et inspiré que chiant et balourd, mais qui n'en a pas moins engendré Burial, le meilleur groupe de la création, comment, vous ne connaissez pas, courrez télécharger ne serait-ce que l'invraisemblable "Archangel" et revenez me voir ensuite.

Dubzone, tel un vieux rade en décrépitude, vieille pute défraîchie bientôt bonne pour la casse, est resté ouvert, mais à part un retardataire par ci et un nostalgique par là, plus personne n'y venait, voilà ce qui a merdé. Quand je dis "plus personne", je parle en terme de productions, de renouveau, de créativité, bref de tout ce qui nous a poussé au cul pendant ces trois années de service; parce qu'en terme d'audience, pour le coup, l'honorable internaute n'a jamais cessé de nous témoigné sa fidélité, qu'il en soit d'ailleurs remercié ici et maintenant. Le nombre de gens qui ont invoqué Jah pour bénir Dubzone, si je carburais un peu moins au Ventoux et un peu plus à l'herbe-à-chat, je verserais une larme.

Mais.

Est-ce l'effet de l'ébriété, de la sénilité précoce (ou des deux réunis)? En tout cas il y a un mais. Un album de dub. Un vrai. Dans la plus pure tradition jamaïcaine. Et pour cause, le premier véritable disque de dub produit en Jamaïque depuis la mort du King (Tubby, pas Elvis, suivez un peu). Ca s'appelle Clive Hunt & The Dub Dancers featuring Lizzard, Ras Neto et Icho Candy et ce n'est pas du baratin. C'est du vrai dub ancestral, fabriqué avec les procédés, les effets, la technique d'avant... mais avec le son d'aujourd'hui, et je peux vous dire que mon caisson de basses n'en finit plus de ronronner, cette petite salope. Mais je ne voudrais pas non plus avoir l'air de faire l'article, hein. Ca sort le 5 mars 2008, et toutes les infos sont sur le site du label: http://www.makasound.com.

2D.

Email: dubzone@dubzone.org
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