BUD ALZIR/ Morroco

N'y allons pas par quatre chemins: "Morroco" est un des meilleurs morceaux de l'histoire du dub. On le doit à Bud Alzir (side project du groupe punko-psychédélique Terminal Cheescake, notoirement inconnu) sur le premier volume de l'indispensable compilation "Macro dub infection", sorti en 1996. Morroco, en anglais, c'est le Maroc, et nul n'est  besoin de pratiquer la langue de Shakespeare pour s'en rendre compte: le morceau de Bud Alzir suffit. Dès ses premières notes, il plonge l'auditeur dans l'atmosphère mystérieuse et envoûtante de la musique arabe sur laquelle tant de Peter Gabriel(s) et assimilés se sont cassés les dents. Sur une rythmique discrète à peine soulignée de quelques éléments percussifs, une ligne de basse ostentatoirement dub, répétitive et gonflée à bloc, sert de base à des claviers au service d'une mélodie arabisante qui vous propulse sans même devoir fermer les yeux dans un désert aride, au milieu d'une caravane de touaregs, le cul vissé sur un chameau qui foule placidement les dunes de ses sabots graciles au rythme du poum poum poum de la basse. Inutile d'en dire plus, Morroco est de ces morceaux qui ne se décrivent pas mais se ressentent, un concentré d'Orient à mille lieux des niaiseries de la World Music de supermarché,  de celle qui se targue de nous "inviter au voyage". Morroco ne nous y invite pas, il nous y emmène de force.   

2D.

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