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HENRY & LOUIS/ Jah Jah Never Fail I |
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Dans leur album "Time will tell", Henry & Louis ont convié quelques voix célèbres du reggae kingstonien à chanter sur des instrumentaux de leur composition. La pratique est monnaie courante de nos jours, malheureusement pas toujours dans des conditions artistiques idéales: les chanteurs jamaïcains cachetonnent autant qu'ils le peuvent, apparemment plus motivés par l'appât du gain que par le désir de participer à des projets musicaux créatifs et fructueux. Ils répondent donc à toutes les offres qu'on leur présente, quitte à bâcler le travail, et le "Time will tell" d'Henry & Louis n'échappe pas à la règle. Les morceaux sont inaboutis, la plupart trop courts, et le mix des voix sur les bande-sons a plus des allures du superposition que de réelle fusion. Un morceau échappe néanmoins à cette règle, au point de mériter cent fois sa place dans ce juke-box: "Jah Jah never fail I", chanté par Steve Harper, réussite totale dans le registre du dub roots. La rythmique, ouvertement reggae, sert une ligne de basse qui convainc l'auditeur dès la première écoute. La voix de Steve Harper s'intègre parfaitement à l'ensemble, dans un phrasé rasta que viennent contrebalancer des claviers dub, noyés sous la reverb. Le refrain, accrocheur au possible, vous rentre dans le crâne dès la première écoute pour ne plus jamais en sortir, et fait de "Jah Jah never fail I" un morceau qui s'il n'invente rien, se repose sur les acquis du dub et les magnifie pour offrir à l'auditeur un grand moment de bonheur mélomane. Le morceau de dub roots parfait, en quelque sorte. 2D. |