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Soirée Echoes au Batofar, 25 novembre 2004 -
Idem.
Idem,
Jahbass, Ku Yin Dong, Doc Nagual X et Urbrain étaient à l'affiche de cette quatrième soirée Echoes au
Batofar, l'évènement dub désormais incontournable des nuits parisiennes, organisé en maître par le General Dub himself que nous saluons au
passage. Cinq noms donc,
mais
c'était Idem que je venais voir, désolé pour les autres et
Nagual X en particulier, qui avait fait le déplacement de l'autre bout de
la France pour défendre un premier
album très honnête et plein de potentiel, d'ordinaire je suis le
premier à taper sur les snobs qui éclusent des bières au bar en ignorant dédaigneusement les premières
parties, mais là c'était une question d'humeur: le dub, rien à battre, je
voulais bouffer du Idem et pas autre chose. Il faut dire qu'"Aerobiose", leur
monumental dernier album, tournait depuis une semaine sur ma platine CD en
alternance avec le dernier Coil, c'est dire si je n'étais pas d'humeur dub,
encore que quoi qu'on en dise, l'appellation dub colle assez bien à la
musique d'Idem, même si leur dub évoque plus une ville en ruines après le
passage d'une bombe nucléaire qu'un champ de cannabis rôti sous le soleil
jamaïcain; disons dub-rock-industriel, et n'en parlons plus. Trois gars sur scène, un batteur, un bassiste, un
guitariste/clavieriste/chanteur, et pourtant, l'impression qu'ils étaient
mille, chacun armés d'un gourdin et se relayant pour venir me taper sur la
tête. Et très curieusement, j'en redemandais, et plus les coups se
succédaient plus le plaisir était grand, parvenant à l'acmé (a y est, je
l'ai casé, t'as vu ça le khâgneux, ça te la coupe hein? ) sur quelques
titres en particulier: "And A", "Scan is completed",
"Down the line", sans oublier l'apocalyptique "Business" par lequel le trio décidait de clore le concert, et qui restera
une des expériences émotionnelles les plus intenses de l'année 2004. Au
centre du dispositif, le batteur, véritable homme machine, qui martèle sa
caisse claire avec une hargne sidérante, le visage tordu par de
perpétuelles grimaces de douleur, qui nous laissent à croire qu'au moment
où il joue, il ne tape
pas seulement sur sa batterie mais aussi sur tous les trucs un peu sales qui
croupissent dans son inconscient. Très impressionnant. Bassiste et
guitariste, très inspirés comme on pourra en juger à
l'écoute de l'album, se posent sur ses rythmes avec la précision d'une
horloge suisse, qui compte également parmi ses rouages un video-jockey
véritable quatrième membre du groupe, qui projette des images syncopées sur un ballon
flottant en suspension au dessus de la scène, telle une petite planète,
très riche idée, et réussite incontestable. On s'aperçoit vite
que la
dimension visuelle est indissociable de la dimension musicale dans
l'univers d'Idem, et rien n'est donc laissé au hasard, jusqu'aux
éclairages, savamment étudiés pour créer une impression constante de
pénombre comateuse de laquelle s'échappent les musiciens à l'occasion de flashes
sporadiques. Pour parfaire la réussite, un son énorme, à la fois
puissant, clair et bien équilibré. On en ressort lessivé, sur le cul devant une telle débauche
de talent, d'inspiration, de professionnalisme et de générosité. Et
dégoûté d'avoir assisté à ça dans une salle à moitié vide alors que les gars
mériteraient de remplir trois fois le Zénith. Le monde est ainsi
fait.
2D.
http://www.idem-kzfp.com


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