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ON S'EST FAIT AVOIR |
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Dubtribe
Sound System
Avec un nom pareil, comment ne pas imaginer que l’on va se trouver en présence d’un collectif de dub d’orientation anglo-saxonne qui peuple ses riddims aux sonorités technoïdes de rythmiques steps, de sirènes stridentes et d’exhortations sauvages à la free party ? En tout cas, le risque mérite d’être pris, et voici la galette qui quitte le bac du soldeur rue St-Antoine pour notre sacoche. Avec le recul, les signes qui auraient pu éveiller notre méfiance étaient quand même nombreux : la ressemblance frappante du gars sur la pochette avec un John Lennon sans lunettes (et en sandalettes…) ; le lieu d’enregistrement (San Francisco – les californiens auront-ils seulement l’occasion d’entendre un seul disque de dub jamaïcain avant que la faille de San Andréa ne se décide à les transformer en nouveaux atlantes ?) ; certains titres aux connotations plus électro-fusion qu’explicitement dub (“Raggatronique”, certes, mais aussi “Shakertrance” ou “Lo Disco”, donc de fortes présomptions d’un peu tout et n’importe quoi) ; et enfin un livret révélant des textes néo-baba-cool-festif du type “Open your heart / Let your love flow” ou “This is the time / We’re living today / So get down tonight”. Mais tout cela ne nous fit finalement pas suffisamment peur, et nous nous imaginions sur le point de découvrir une sorte de fusion dub-pop qui aurait été une bonne surprise pour qui, comme nous, aimons le métissage sonique. Mais las, l’espoir laissa place à une vague de lassitude découragée quand, le soir venu, notre Macintosh laissa s’échapper une sorte de house vaguement tribale, pas déshonorante au demeurant pour ses concepteurs, mais sans aucun, mais alors pas le moindre rapport avec ce qui est considéré de près ou de loin par l’ensemble de l’humanité comme du dub. Parfois, au détour d’un break de percussions tribales un peu plus inspiré que la moyenne, l’on peut de prendre à secouer vaguement la tête les yeux perdus dans le vague, mais il se passe peu de temps avant que des nappes de synthés deep-house, des arpèges ou accords de piano noyés de reverb, des rythmiques post-disco bien raides et des vocaux tirés par les cheveux (longs) de la chanteuse nous ramène sur Terre et nous prouve encore une fois que toutes les bonnes intentions du monde (et Dieu sait si les crypto-hippies de Dubtribe en sont pleins, cf. les crédits de l’album et leur site perso, http://www.dubtribe.com) ne suffisent pas à faire de la musique excitante. Après vérification (notre soif de culture étant décidemment sans limite), Dubtribe Sound System est un collectif exerçant depuis 1991 et dont la moitié masculine sera en tournée DJ-set au Japon cet automne 2004. Très honnêtement, à l’écoute en tout cas de ce “Baggage”, il est difficile de dire d’où Dubtribe tire son nom et sa réputation de sound system pour festival et free party (je n’invente rien - lu sur un site français qui chroniquait un de ses disques précédents, “Bryant Street”, en le classant d’ailleurs carrément dans la catégorie “Reggae”), tant sa tribal house policée et de bon goût semblent avoir peu en commun avec la boue, les murs d’enceintes, le pilonnage sonore, les packs de bières bon marché et les acides frelatés des rassemblements techno-libertaires de la fin du siècle dernier. Qu’en plus, ses DJ-sets mélangent house ultra-traditionnelle (Mr. Fingers ou St-Germain), funk et disco dans une grande déferlante de bons sentiments qui tâchent. Et que surtout, ce n’est pas du dub. Même pas en rave. RemainUnderground |
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