PLAYLIST

Fidèles à la tradition, les playlists de l'équipe rédactionnelle de Dubzone détaillent nos cinq morceaux dub préférés du moment, du moins ceux qui tournent le plus fréquemment sur nos platines, plus un morceau bonus dans un style extérieur au dub, le tout assorti d'un bref commentaire.   

15/01/07

2D:

01. Trentemoller - Chameleon («The Last Resort», Poker Flat 2006).

Nous sommes nombreux à l'affirmer mais pour une fois ça ne me dérange pas de crier avec les loups: "The last resort" de Trentemoller est l'album electro de l'année 2006. Parmi les multiples influences de ce disque, un goût marqué pour le dub se détache assez nettement, souvent accommodé à la sauce house comme dans le sombre et embrumé "Chameleon", que mille écoutes ne suffisent pas à essouffler. Le trouage de cul en règle de ces derniers mois.

02. Molecule feat Runigga - Conviction ("In dub V1.1", Sounds Around, février 2006).

Une illustration parmi quinze autres des ressources vertigineuses du premier album 100% dub de Molecule, classé d'autorité album du moment sur Dubzone.

03. Picore – La Teigne («L’Hélium Du Peuple», Jarring Effects 2006)

Le dub n'est qu'une influence parmi d'autre chez Picore, mais elle est assez marquée dans "La teigne". Une ascension de guitares, progressive et douloureuse, vers on ne sait trop quel sommet. C'est le principe de cet album, dont chaque morceau semble s'étirer comme un élastique, dériver sans savoir où et en se foutant éperdument de se perdre. 

04. Twilight Circus feat. Queen Ifrica - Stand up for righteousness ("Rasta international", M Records, 2006).

Un monument de dub roots "à l'ancienne" comme Twilight Circus sait si bien les faire, classique et magistral, rien à ajouter.

05. Guns of Brixton - Devant leurs yeux («in.dub.out», Lakalashnik'Off 2006).  

Une certaine idée du rock (plutôt Isis que Kio) mêlée à la sauce dub, c'est une définition possible du dernier Guns of Brixton. On est content que ça existe.

Bonus. Jeunesse Fantome - Ksiezyc (compilation "Electronic Renaissance", Enfant Terrible, 2006).

Parvenir à un tel niveau de sophistication avec des sons aussi archaïques relève plus de la sorcellerie que de la création musicale, m'est avis. Amateurs de coldwave électronique et minimaliste, ne boudez pas votre plaisir... si toutefois vous arrivez à mettre la main sur cette compilation, tellement difficile à trouver qu'on en vient à se demander si elle existe vraiment. 

KALCHA:

1. Picore – La Teigne («L’Hélium Du Peuple», Jarring Effects 2006)

Une lente montée plus proche du post-rock que du dub traditionnel, avec des guitares qui rivalisent maladivement dans les aigus jusqu’à une sorte d’accalmie : «Vous, vous pariez que, demain matin neuf heures, vous serez vivants. Et nous, on parie que vous serez morts. D’accord ?» Et blaaam!! Les guitares qui vous tombent sur la gueule par strates de 15 tonnes! Quoi, c’est plus vraiment du dub?! Et alors?? Vous croyez vraiment que ce petit argument va m’empêcher de le mettre dans ma playlist??

2. Guns Of Brixton – La Marche Des Lacunes («in.dub.out», Lakalashnik'Off 2006)

Avec ce titre, G.O.B a peut-être inventé le slow dub!! Bon, ok, Zenzile nous avait déjà fait le coup avec son «Simple Lesson»… Mais quand même! Ces mélodies de guitare, ces breaks bien sentis, ce solo enragé qui pleure sur la fin du morceau… C’est du grand art! Scorpions n’a plus qu’à bien se tenir…  

3. Kanka – Town Get Vile («Alert», Hammebass 2006)

-En trois briques… Si je te dis : «Label de dub français historique»?
-Je réponds : «Hammerbass».
-Et si je te dis : «Digital reggae qui te tire sur la piste par les dreadlocks»?
-Laisse tomber la dernière brique, c’est le nouveau Kanka!!
-Et c’est surtout la classe…

4. Trentemoller – Nightwalker («The Last Resort», Poker Flat 2006)

«Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark.» Je ne sais pas comment Shakespeare a bien pu mettre la main sur ce premier album de Anders Trentemoller, mais il a pourtant parfaitement résumé l’injustice qui entoure ce disque. C’est en effet ce «The Last Resort» qui aurait dû succéder au sublime «Mezzanine» de Massive Attack plutôt que le mou du genou «100th Window». On y trouve de la techno minimale à l’allemande, de l’électro-pop instrumentale et quelques tracks dub de toute beauté comme ce «Nightwalker» à pleurer… To buy or not to buy? That’s no more the question.

5. Beastie Boys – Beastie Revolution («Some Old Bullshit», Grand Royal 1994)

Comme vous le savez déjà tous, votre site préféré vous concocte aussi une émission de radio tous les 15 jours. Ou plus exactement, une émission et un mix thématique tous les 15 jours. Et cet exercice de style est un très bon prétexte pour se replonger dans les entrailles de sa discothèque… Tenez, lorsque votre serviteur (moi, quoi!) vous a préparé son petit «A punky Dubby Party», il est retombé sur cet excellent morceau des Beastie Boys, sorti sur une compile de morceaux pré-«Licence To Ill», leur période keupon si vous préférez. Ce titre est une sorte de grand n’importe quoi de génie, un dub bricolé en 1983, vraisemblablement dans un état très second, avec ce qui leur tombait sous les mains à l’instant T, et que n’aurait très certainement pas renié Lee «Scratch» Perry himself. Même quand ils ne le font pas exprès, les Beastie Boys sont le pus grand groupe de la Terre…

BONUS:  Puzzle – Animal De Compagnie («Viens m’chercher », Pièce De Collec 2006)

S’il y en a encore parmi vous qui pensez que le rap français est mort avec l’implosion du Suprême NTM, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer ! Si les groupes médiatisés sont souvent plus pathétiques qu’une surprise-partie des jeunes de l’UMP, il existe une armada de groupes hexagonaux intelligents, inventifs et talentueux qui sévissent (pour l’instant) dans l’ombre. Puzzle est de ceux-là*. Pour preuve, écoutez ce morceau «jaunement» drôle de leur excellent nouvel album, dans lequel ils imaginent un monde où les femmes auraient pris la place des hommes. Les machos vont grincer des dents, et c’est le but!

Le clip hilarant ici : http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=32637484

*aux côtés de Rocé, Svinkels, Kwal, Psykick Lyrikah, Nouvel R et beaucoup d’autres…

REMAIN UNDERGROUND:

01. Zentone - The Source (« Zentone », Jarring Effects, 2006)

Le monumental Zentone a accompagné mon automne, il y a donc peu de chance qu’il cède la première place de la playlist au premier frimas. Album de l’année sans concurrence aucune, il se fend également d’un des meilleurs morceaux introductifs de tous les temps. Et que les bassistes de funk en prennent de la graine : on peut évoquer des univers entiers en une note et demi. Comme disait l’autre, le silence qui suit un morceau de Zentone est encore du Zentone.

02. Phase Selector Sound - Dubstep (« Disassemble Dub », ROIR, 1999)

Kas’dédi à l’ami Kalcha qui m’a fait découvrir cet excellent album sorti à une époque où je n’écoutais pas plus de dub que de salsa ou de merengue. Parangon du smooth, ce morceau est suffisamment stylé pour transformer son armada de percussions électroniques en autant de tambours bondissants sous l’impulsion d’une basse primale. Jamais production aussi bien léchée n’aura suée le roots par tous les pores.

03. Zentone - Zentown (« Zentone », Jarring Effects, 2006)

Zentone est un album qui mise sur le KO immédiat : au bout de seulement deux morceaux, tout musicien aux neurones normalement constitués devrait immédiatement déposer les armes, violons, guitares, cor d’harmonie ou triangle, pour vouer le restant de ses jours à se consacrer au Dub. Et si j’écris pour une fois le mot avec une majuscule, ce n’est pas au hasard. Le dub de Zentone est le Dub.

04. Michael Rose - Warrior (« Warrior », M Records, 2006)

Le deuxième Rose le plus célèbre de la scène dub abandonne les rythmiques électroniques hiératiques mais ludiques qui brillaient sur son précédent opus, African Dub, le temps d’une reggae song frappé du sceau du classicisme autant que de la classe mondiale. Vous ne me ferez pas écrire que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs compotes, mais il faut bien reconnaître que le reggae roots me fait toujours vibrer le bout des esgourdes parfois engourdies par trop d’expérimentations popeuses.

05. Kanka ft. Brother Culture - The Town Gets Vile (« Alert », Hammerbass, 2006)

Comme vous le constatez, j’ai en général une playlist de retard sur monsieur 2D, dit le Taulier. Les mauvaises langues diront que c’est parce les CD arrivent d’abord chez lui - peut-être n’avais-je qu’à pas passer mon tour la fois dernière - mais ce ne sont que vils racontars, mensonges et ragots d’enfants. Reste que les beats stepper du mastard monsieur Kanka, allié aux vocalises maousses costaudes du sieur Culture ont fort agréablement réchauffé mes vieux os. Pour un peu il m’aurait poussé des dreads.

BONUS. Bloc Party -  Song for Clay (Disappear Here) (« A Weekend in the City », à paraître en 2007)

Encore en phase terminale de production, le deuxième album des jeunes anglais de Bloc Party s’annonce fort goûteux, du moins à en croire les quelques morceaux écoutables qui circulent sous le grand manteau du net. Quand je parlais en début de playlist de “meilleur morceau introductif de tous les temps”, je voulais évidemment parler de celui-ci. Je défie quiconque doté du moindre petit poil de ne pas le sentir se dresser de toutes ses forces à l’arrivée de la batterie puis des guitares ou, bien plus tard, au moment du pont perché très, très haut. L’album sortant le 7 février, je suppose que vous savez quoi m’acheter pour mon trentième anniversaire.

28/10/06

2D:

01. KODE9 & SPACE APE - Quantum ("Memories of the future", 2006)

Vingt ans après le "Panic" de Coil, Quantum utilise à son tour la musique pour susciter la peur. A une nuance près: cette fois, ce n'est plus du point de vue de celui qui la vit, mais de celui qui l'inflige.

02. ZENTONE - The source (“Zenzile meets High Tone CD”, Jarring Effects 2006)  

Le stupéfiant Highvisators a-t-il enfin trouvé un concurrent sérieux au rang des albums collaboratifs d'High Tone?

03. KANKA (feat. Brother Culture) - The town get vile ("Alert", Hammarbass, 2006)

Extrait du nouvel album de Kanka (que nous chroniquerons dans la prochaine mise à jour), "The tows get vile" est LE nouveau tube qui va faire bouger toutes les dreads dans les prochaines soirées Hammerbass. J'en mets ma main à couper.   

04. DUBOSMIUM – Waragine a ragine ("Horiozontal plane polar Dub", autoproduction, 2006)

Un dub importé du Maroc, que l'on retrouvera sur la prochaine compilation Dubzone, mais que l'on peut sans attendre découvrir en téléchargeant la démo duquel il est extrait ici:
http://www.freshpoulp.net/releases/FPR003.htm. Nouvel artiste à observer d'un oeil attentif.

05. DUB TRIO - One man tag crew (New Heavy, 2006)

Mon album de l'été avec le Nucleus Roots... HxC roots à la Bad Brains revisité avec le son d'aujourd'hui, il conviendrait d'appeler ça "une claque", mais l'image du parpaing dans la gueule me parait plus réaliste.

BONUS - TIM HECKER - Chimeras ("Harmony in ultraviolet", 2006).

Pas exactement du zouk.

KALCHA:

01. ZENTONE – Crash Test (Zen Mix) (“Zenzile meets High Tone CD”, Jarring Effects 2006)

Que tous les amoureux des morceaux à guitares de Zenzile (« Pumpin’ », « Axis Of Evil »…) me rejoignent immédiatement dans la prière : pourvu que ce terrifiant « Crash Test » fasse partie de la setlist de leur prochaine tournée !!!

02. ZENTONE – Dub Invaders (Zen Mix) (“Zenzile meets High Tone LP”, Jarring Effects 2006)

Une basse rouleau compresseur, des guitares qui caquettent, des roulements de batterie en réverb’-verb’-verb’-verb’-verb’-verb’, un mélodica paresseux… La définition du roots par Zenzile. Ces mecs-là devraient entrer à l’Académie Française…

03. RHYTHM & SOUND w/ CORNEL CAMPBELL – King In My Empire (“The Artists”, Basic Channel 2003)

Vous savez ce que c’est, on écoute un disque, ça nous pousse sur un autre et nous voilà très loin de notre point de départ… Je comptais vous mettre ici un remix tiré du « See Mi Yah » de Rhythm & Sound (sans doute celui de Carl Craig), puis ça m’a donné envie de me réécouter ce bijou sans prix qu’est « King In My empire ». Les deux teutons flingueurs de R&S avaient-ils la moindre idée du joyau qu’ils allaient créer en demandant au vétéran Cornel Campbell de poser sa voix de miel sur cet instru minimal et vaporeux ? Un des plus beaux dub de l’Histoire. Si ce n’est LE plus beau.

04. HIGH TONE – Delhi / Katmandou (“Opus Incertum”, Jarring Effects 2000)

Même cause, même conséquence que ci-dessus. Après avoir entendu le remix pas très finaud de Interlope du « Delhi / Katmandou » tiré du tout premier « Opus Incertum » des Lyonnais, j’ai voulu me replonger sur l’original. Comment les Parisiens ont-ils pu à ce point défigurer un tel chef d’œuvre ? Si vous voulez mon humble avis (et même si vous ne le voulez pas), ce titre est ce qu’a fait de mieux High Tone jusqu’à ce jour. Sensuel et envoûtant, aérien et abyssal en même temps, ce morceau devrait être protégé des mauvais remixes par une loi passée en force ! Mais que fait Nicolas ??

05. DRY & HEAVY – Harmony (“One Punch”, Beat records 1999)

Décidément, je m’aperçois que j’étais dans les vieilleries ces derniers temps. Peu importe, les bons classiques sont indémodables. Je suis enfin tombé sur cet album en fouinant dans les bacs poussiéreux d’un disquaire parisien le mois dernier. La paire rythmique du groupe Audio Active avait son propre projet intitulé Dry & Heavy, coupable de quelques excellents albums. Si vous voulez entendre des Japonais de la fin des 90’s sonner plus jamaïquain encore que Lee Perry au plus fort des 70’s, ce disque est pour vous !! Un morceau à passer quand la soirée commence à partir en vrille, que le dance floor se trémousse, que le bar a du mal à fournir… Effet garanti !!

BONUS:  ISWHAT?! – The Life We Chose (“The Life We Chose”, Hyena records 2006)

Mon premier est un groupe qui fait le lien entre le jazz de Charles Mingus, la soul poetry de Gil Scott-Heron, le rap frondeur de Public Enemy, et le slam charismatique de Saul Williams…  
Mon deuxième est un duo rappeur/programmateur/beatboxer & sax/flûtiste qui invite des pointures du jazz et des futurs grands du hip hop à les rejoindre sur quelques morceaux…
Mon troisième est une des meilleures surprises de ces 10 dernières années que j’espère sincèrement pouvoir voir un jour sur scène…
Mon tout s’appelle Iswhat ?! et vient de sortir un deuxième album qui n’est malheureusement pas encore distribué en France. Mais vous pouvez vous le commander sur Internet. Aucune excuse ne saura être acceptée !  

10/07/06

2D:

01. Burial - Southern Confort ("Burial", Hyperdub, 2006).

Si j'étais honnête, je rangerais ce titre dans les bonus tant il est loin du dub tel qu'il est d'usage de le définir. Et pourtant, d'aucun considère Burial, premier album signé sur le label de Kode 9, comme de l'electrodub. Querelle d'étiquettes qui vole en éclat au bout de quelques écoutes de cet album génial: ce que c'est et comment ça s'appelle, franchement, on s'en fiche, pour ne pas dire on s'en branle, ce qui compte, c'est que c'est grandiose, et que c'est ce que mon Winamp a entendu de meilleur en matière de musique électronique rythmée depuis des lustres. Je connais un endroit dans les Hautes-Pyrénées où ça va faire son effet, et pas plus tard que cet été.

02. Nucleus Roots - Meditation Dub (« Heart of Dub », Hammerbass, 2006).

Il y a plus de dix ans, les auteurs de la Lambada inventaient le tube de l'été. Un concept opportuniste qui a permis de vendre des milliers de merdes chaque année, jusqu'à ce que Nucleus Roots invente en 2006 le premier tube de l'été honnête et mérité: Meditation Dub, morceau d'anthologie, digne de figurer dans le top 10 des meilleurs morceaux de dub UK stepper de tous les temps. Oui, ça sent le soleil, oui, ça sent les vacances, oui ça sent la sueur, le coup de soleil et la biafine, et pourtant, ça n'en mérite pas moins d'être qualifier d'art, et de grand art, encore.

03. Dubble Standart - The message ("Are experienced", Echo beach, 2006).

Une rythmique qui évoque le Dub Syndicate des grands jours, une voix pas du tout dub dans l'esprit, une ambiance bizarre, inhabituelle... c'est "The message", une des nombreuses perles du nouvel album de Dubble Standart. A inscrire juste après le Nucleus Roots sur votre liste d'achats dub de l'été.

04. The Dub Machinist - Stepper anthem ("Stepper anthem", Control Tower Records, 2006).


Belle surprise, doublée d'une grosse révélation, que ce maxi de Dub Machinist (alias Fred d'Uzinadub). Qu'on se le dise: Manutension n'est plus le seul bordelais à défier les anglais sur le terrain de la grosse rythmique stepper qui détruit tout sur son passage. Ne cherchez pas la finesse, ce "Stepper anthem" évoque moins la leçon de solfège que le labrador dans un magasin de porcelaine, et justement, c'est ça qui est bien.

05. Dub Trio - Illegal dub (« New Heavy », Roir/DG Diffusion, 2006).

Oh, du hard-core-metal dub. On pensait que plus personne n'oserait en faire après Bad Brains, et bien si, les américains de plus en plus inspirés du Dub Trio s'y sont collés. Et on leur dit merci. Si si, ça vient du coeur.

BONUS. Tool - Wings for Marie (part 1) / 10 000 Days (wings part 2) - ("10 000 days")

1974: King Crimson: "Starless".
2006: Tool: "Wings for Marie/10 000 days".
Est-ce que je suis assez clair?  

Remain Underground 

01. Nucleus Roots - Meditation Dub (« Heart of Dub », Hammerbass, 2006).

Du soleil, du rhum, du jus d’ananas qui coule à flot, Laurie au loin qui danse le zouk, tout cela sent quelque peu l’arrivée de l’été, mais que dire de cet hymne rasta pour sound-system en surchauffe ? La ligne de basse de l’année en soutien d’une production dub impeccable : Tonton David peut rentrer chez lui la dread basse. Comment ça, ça fait des années qu’il ne quitte même plus sa chambre ? 

02. Junior Cony meets Shanti D & Mister Irie - Originally (« At the Government Shop”, Crash Disques).

(Re)découverte imprévue au détour d’un mix pioché sur le net, ce titre déjà présent sur l’excellent premier album de Junior Cony et sur la compile 2 CDs un peu trop touffue et fourre-tout Dub in France 2 est une composition bombesque qui fait bouger mon corps (gras, certes, mais au diable les varices) depuis l’arrivée du printemps. Shakira n’a qu’à bien se tenir se tenir, j’arrive. Pas de raison : après Magalie Vaé à la Star’Ac et Ronaldo à la Coupe du Monde (1), qu’on se le dise, 2006 c’est l’année des gros.

03. Lena – Entomodub remix (inédit, en téléchargement sur la compilation Dubzone 8).

For your hears only, une version remixée par l’auteur d’un morceau de son excellent premier album. Dub electro chaloupé et précis, passerelle rêvée entre la musique concrète, l’electronica made in Warp et une chill-room classieuse, ce remix fascine et hypnotise – le chroniqueur est resté collé à la vitre comme un papillon de nuit. Peut-être qu’il avait simplement besoin de souffler après les deux premiers titres de cette playlist…

04. Dub Trio - Jack Bauer (« New Heavy », Roir/DG Diffusion, 2006).

On s’autorise à penser dans les milieux autorisés que Dub Trio aurait été choisi par Mike Patton – remember Faith No More, mais peut-être que je vous parle d’un temps que les moins de 15 ans… – comme backing band sur sa tournée “Peeping Tom”. Espérons que ce n’est pas qu’une rumeur, car ce dub infusé dans la nitroglycérine et bardé de guitares métal est époustouflant d’énergie et de talent crossover. Même si l’on regrette le côté quelque peu formaté de certains titres de l’album (dont le quasi-mainstream “Not Alone” ft. M. Patton, justement), on ne peut que tirer son bonnet rasta devant ces 2’23 de tension dubbée et d’accélérations riffesques. Quelqu’un se dévoue pour appeler sa prochaine chanson “Kim Bauer” ? Personne ? Ah.

05. Whit Weed - Musique Moderne (« Disordub », autoproduction, 2006).

Encore une autoproduction qui pourrait en remettre à bien des productions financées par des majors… Emmené ici par un saxophone alto qui parvient non sans mal à ne jamais souffler hors sujet, ce groupe de Montbrizon (dans la Loire) tisse une efficace toile sonore musclée aux guitares saturées et débordante de bonnes idées de composition et de production. De la “mauvaise graine” de grand groupe, ça, monsieur, et à découvrir en téléchargement sur la Compilation Dubzone 9, ce qui ajoute encore au plaisir, s’il en était besoin.

BONUS. Idem ft. Isabelle “Pitch” Ortoli - Power Of (« Out Immer », Kéim zo fed / Mosaic Music, 2006).

Comme on pouvait s’y attendre un peu quand même, le meilleur morceau de cette première moitié d’année est l’œuvre d’un groupe mutant, et ressemble fortement à du rock sombre juste ce qu’il faut. Claque sur disque, mais véritable passage à tabac lorsque joué sur scène, ce titre est (à l’image d’un “Down The Line” ou d’un “Aimless One”) un hymne à la beauté mélancolique d’une certaine forme de noirceur dynamique enveloppé dans l’écrin d’une rock-song touchant à la perfection. Idem, meilleur groupe de rock français actuel. C’est une évidence, n’en déplaise aux lecteurs de Rock’n’Folk. Mais de toute façon il ne doit pas en avoir bésef dans le quartier.
 

(1) écrit avant le quart de finale remporté par la France…

Kalcha:

01. ZENZILE SOUND SYSTEM – Sketches of dub (« Metà Metà », UWE 2006)

Peut-être le morceau le plus typiquement zenzilien de ce nouvel album tout en surprises, et donc paradoxalement peut-être celui qu’on relève vraiment en dernier. Construit autour d’une boucle de guitare sèche comme seuls les Angevins savent les concocter, le morceau décolle ensuite lentement vers des cimes dont vous ne redescendrez qu’à grand regret. Ca paraît si simple…

02. IDEM – Hacking The Anti-Boot Consortium (« Out Immer », Keim Zo Fed 2006)

Un remix de « Scan is completed » dont on trouvait l’original sur « Aerobiose », le magnifique deuxième album de Idem. Le monsieur qui remixe, c’est Fragile, projet solo plus feutré de Hervé Thomas, moitié des cultissimes Hint qui avaient révolutionné le monde de l’indus noize hexagonal à la fin des 90’s, aux côté de Bastard et de quelques autres. Sa vraie trouvaille sur ce remix a été de dépouiller la voix du chanteur de tout effet, la laissant s’égosiller dans une nudité angoissante au beau milieu d’un morceau downtempo à vous ficher des frissons dans le dos !  

03. THE DEAD 60’S – Police Radio (dub) (« The Dead 60’s » édition 2 CD’s, Deltasonic Records 2005)

Remix dub en interne de leur tube “You’re not the law”. Les Dead 60’s n’ont sans doute pas inventé grand chose, mais personne n’a aussi bien compris les leçons du Clash ou des Specials. En clair, un dub de punks : concis, funky et beaucoup plus inspiré que la moyenne !

04. MANASSEH (feat. NATTY P) – Skenga 12’’ Mix (« Dub Stories », UWE 2006)

La compile associée à l’impeccable dévédé « Dub Stories » aura ressuscité ce vieux tube de Manasseh sur ma platine. Du UK Dub dansant comme il faut, autrement plus intéressant que le steppa moyen (comprendre : plus étoffé), et qui vous trotte dans la tête toute la journée. Bref, 4mn à lever le poing en l’air !

05. ZENZILE vs LUTAN FYAH – Smug Alert (« 3 big singjays ‘pon a riddim by Zenzile! », Irie Ites Records 2006)

Prévenez tout de suite France 2 que ce n’est plus la peine de se casser à nous sortir un tube de l’été 2006, on a déjà trouvé le truc sur lequel on allait danser jusqu’à l’automne ! « Smug Alert !! Smug Alert !! »

BONUS: AFOUS AFOUS – Mad Massina (« Moment by moment », cinqcinq production 2006)

Nouveau projet de Jaja, tout premier guitariste et co-fondateur de Zenzile, aujourd’hui associé à quelques membres du groupe de blues touareg Tinariwen. Attention OVNI ! Afous Afous parvient à conjuguer des influences qu’on pouvait penser contre-nature : boucle bluesy, rythmique industrielle, basse dub, riff meurtrier et slam tamashek. Une tuerie… Personne ne sait encore si ce disque sortira un jour, alors un conseil, tannez l’intéressé dès aujourd’hui pour choper un exemplaire de ce 5-titres : jaja666@voila.fr

23/04/06

2D:

01. Brain Damage ft. Sam Clayton - Rahtid (Spoken Dub ManifestoJarring Effects, 2006).  

Quintessence du dub. Si, si, j'insiste.

02. Zenzile Sound System - Basstone (Méta Méta, Yotanka, à paraître fin mai 2006).

Quand les gars de Zenzile lâchent leurs instruments et ne jouent plus que de la souris, ça donne Zenzile Sound System et un album d'electrodub haut en couleurs autant qu'en surprises, que nous aurons le loisir de détailler dès la prochaine mise à jour. 

03. Molecule in dub feat. Aladoum - Mister A (Molecule in dub, pas sorti, distribué sous le manteau).

Le parisien Molecule poursuit son exploration du hip-hop/dub avec de plus en plus de réussite, preuve en est cet "Aladoum" chanté en français par le rapport Mister A, extrait d'un "Molecule in dub" qui sortira dès que Pias se décidera à se bouger le cul. 

04. Fatman Presents – Jammy a no full (Prince Jammy Vs Crucial Bunny Dub Contest, Auralux, 1979 rééd. 2006).
05. Fatman Presents - Untitled part 1
(Prince Jammy Vs Crucial Bunny Dub Contest, Auralux, 1979 rééd. 2006).

Deux titres extraits du "Fatman presents" dont nous parle monsieur Ru ici, élu réédition roots de l'année par votre serviteur et concurrent crédible de n'importe quelle sortie Blood & Fire. Du très grand dub jamaïcain.

BONUS. Ministry - Rio grande blood (Rio grande blood, mai 2006).

Ca y est, Ministry s'assume enfin comme ce qu'il est: un groupe de metal. Et du meilleur cru. 

Remain Underground

01. Dr. Israel - Interference (Patterns of War, Reach Out International Records, 2005).

Harangue sur-vitaminée mixant rythmique rock et skanks dubs, ce sommet de l’album du come-back du Dr. Israel emporte tout sur son passage : synthés habiles, lignes de basse en plomb incandescent, enceintes au bord de l’implosion, et finalement, notre adhésion. D’où enthousiasme. Et headbanging fervent.

02. Big Youth - Lion’s Den (Twilight Circus Presents – Deeper Roots, M Records, 2006).

Plus qu’un récit biblique édifiant, plus qu’une simple reggae tune surnuméraire, un morceau monstrueux dominé par la voix de stentor d’un des meilleurs vocalistes roots en activité et magnifié par la production du génial Ryan Moore. Fire’s in Babylone !

03. Cornell Campbell - Why Dem Gwaan So (Twilight Circus Presents – Deeper Roots, M Records, 2006).

Bien plus sweet’n’mellow que le précédent, ce titre est un écrin pour la voix lovers’ style d’un Cornell Campbell dont on ne cesse, via rééditions érudites, de redécouvrir l’immense talent. Côté production, la part belle est laissée à une section de cuivre aussi délicate que délicieuse.

04. Willi Williams - Messenger Man (Messenger Man, 1980, rééd. Blood & Fire 2005).

Le label anglais Blood & Fire ne se lasse pas de rééditer magnifiquement (tant au niveau du traitement sonore que du packaging sobre mais classieux) les grands albums oubliés de l’âge d’or (entendre “pré-dancehall”) du reggae. Pour mémoire, Willi Williams est l’auteur du célèbre “Armagideon Time” popularisé par The Clash et que l’on retrouve récemment sur la B.O. de (l’excellent) Ghost Dog de Jim Jarmush et sur la playlist du (grandiose) jeu vidéo GTA : San Andrea… Quand à cet excellent morceau d’ouverture, il concentre tous les atouts de l’artiste : un songwriting séduisant, une voix douce et fragile, une spiritualité sensible mais sans ostentation. Encore un titre roots indispensable ; apparemment c’est le printemps qui veut ça.

05. Dr. Israel - Sinsemilla (Patterns of War, Reach Out International Records, 2005).

Certainement pas le morceau le plus énergique de l’album (notez, vu le sujet…), mais pourtant emporté par un riddim qui s’incruste dans vos neurones dès la première écoute. La preuve en 3’50 que les sonorités dub peuvent s’allier au flow dancehall sans rien perdre de leur séduction. Si tous les artistes de nu-reggae, tous sous-genres confondus, pouvait témoigner de cette concentration de talents divers en un seul album, nul doute que dubzone.org aurait de belles années devant lui. Et pourquoi pas un nu-dubzone.org, d’abord ?

BONUS. Brain Damage ft. Emiko Ota - Under the Ground (Spoken Dub ManifestoJarring Effects, 2006).

Titre rajouté en bonus en connaissance de cause, car il n’a quasiment plus rien de dub, sinon la manière d’utiliser certains effets sonores… Apocalyptique chevauchée spoken-techno, c’est le plus titre le plus intense, catégorie “énervé”, de l’indispensable nouvel album des stéphanois préférés de la rédaction.

05/02/06

2D:

01. Brain Damage feat. Suzanne Thoma - Metroconversation (Spoken Dub Manifesto, Jarring Effects, à paraître en avril 2006).

Que ceux qui craignaient une reconversion de Brain Damage dans le ska festif se rassurent: le duo stéphanois reste fidèle à son style neurasthénique et névrosé, ce qui ne l'empêche pas de le conduire vers des territoires encore inexplorés. Inutile de trop en dire pour le moment, attendons la date de sortie officielle du disque, et surtout, en ce qui nous concerne, d'avoir écouté l'intégralité de l'album; seuls trois titres nous ont en effet été envoyés pour le moment, mais qui révèlent déjà, même si cela peut sembler paradoxal, un élargissement notoire de la palette des styles de Brain Damage, en même temps qu'un renforcement de sa cohésion identitaire.    

02. Molecule feat. Zig Zag - In my city

En boucle sur ma platine CD depuis plus d'un mois, ce morceau de Molecule va concurrencer le dub berlinois chez lui, sans aucun complexe. Extrait d'un album à paraître dans le courant de l'année chez Pias, on trépigne d'impatience.

03. Groundation - Ruling Dub (Dub Wars, Young Tree Records/Nocturne, 2005)

La Jamaïque, pays du roots? Il y a vingt ans, peut-être. Mais aujourd'hui, c'est au pays du hamburger que ça se passe.

04.  Webcam Hi-Fi feat. Kiko - Live consciously (Tube dub sound 2, à paraître fin février 2006).

Extrait du nouveau quatre titres de Webcam Hi-Fi à paraître à la fin du mois (chronique dans la prochaine mise à jour), ce morceau avec Kiko, chanteur des No More Babylon, transforme le coup d'essai du Tube dub sound 1 en coup de maître.  

05. Dub Akom feat. Faïanatur - All right

J'ai beau détester le dancehall, "All right" est un des titres que j'ai le plus écouté ces derniers temps. On le doit au Dub Akom Band, groupe marseillais allié au chanteur Faïanatur le temps d'un quatre titre des plus enthousiasmants. La chronique est ici.

Bonus. Coil - Tatooed man (The apes of naples)

Quand le plus grand groupe de tous les temps sort le meilleur album de l'année 2005, forcément, ça laisse des traces dans ma playlist. Ceux qui savent savent, les autres, je n'ai pas le temps d'essayer de les convaincre, car si je me lance dans une analyse de cet ultime disque, c'est-à-dire du dernier avec feue la voix légendaire du groupe, je signe pour une semaine de boulot. Je tais donc ma gueule et laisse la parole à mon honorable confrère Mémène Souslesol:

Remain.Underground:

01. Brain Damage ft. Black Sifichi - Sterile (Spoken Dub Manifesto, Jarring Effects, à paraître en avril 2006).

Le prochain Brain Damage risque de faire grincer des dents, non de déception, mais tout du moins de terreur. Profitons donc de la nouvelle compilation Dubzone pour découvrir ce premier extrait sans concession d’un album qui s’annonce difficile d’accès mais une nouvelle fois génialement défricheur de nouvelles zones musicales jusque-là réputées dangereuses. Impossible à écouter seul dans le noir. On parie ?

02. Brain Damage ft. Suzanne Thoma - Metroconversation (Spoken Dub Manifesto, Jarring Effects, à paraître en avril 2006).

Difficile de ne pas concéder que ce titre est à l’extrême bordure/frontière du dub, mais encore plus difficile de ne pas chialer comme une fillette au bout de ce magistral spoken-words. Décidemment, au risque de me répéter : le prochain Brain Damage, ce n’est pas pour les fillettes. Impossible à écouter seul dans son lit le matin. Garantie testé.

03. Groundation - Ruling Dub (Dub Wars, Young Tree Records/Nocturne, 2005).

On connaissait jusqu’ici les ricains de Groundation comme le seul groupe à jouer aussi bien que les Wailers en 1975, et en ces temps troublés où les anciens musiciens de Bob Marley prostituent leur talent derrière le calypso-bo-bo du pathétique Karl Zéro, c’était déjà pas mal. Eh bien, voici que le clavier du groupe passe derrière la console pour un album intégralement dub ! Difficile de bouder son plaisir tant cette version est dynamique et habilement troussée, façon dreadlocks en vent.

04. Cat’s Eyes - Obo (Organik Point of View, autoproduction, 2005).

Quelques trouvailles épatantes et une imposante maîtrise pour cette autoproduction qui a tout d’une grande. Cat’s Eyes a baladé sa flûte traversière et entêtante tout au long d’un excellent album que l’on peut (doit ?) commander en ligne sur son site : http://catseyes-dub.com

05. Salem Lab - Ghost Dub (autoproduction, 2005).

Découvert sur la Compilation Dubzone volume 6, cette autoproduction, comme la précédente, dame gracieusement le pion à pas mal de gros budgets du dub/musiques électroniques actuels. Profondément dub et brillamment interprété, ce morceau fantomatique mais puissamment incarné porte la marque d’un futur grand.

BONUS. Coldcut - Sound Mirrors (Sound Mirrors, Ninja Tune, 2006).

Il n’y a certes pas que du fréquentable dans le nouvel album du duo de producteurs londoniens (un peu à l’image de leur carrière qui les a vu débuter en produisant de la daubasse mollassonne – Yazz, Lisa Stanflield – pour ensuite fonder et maintenir à flot l’indispensable label Ninja Tune (Amon Tobin, Cinematic Orchestra, Roots Manuva, Funki Porcini, DJ Food… Je continue ou vous avez compris l’esprit ?)) mais sa parenthèse centrale est considérablement admirable. Triste comme la pierre, certes, mais admirable, entre contrebasse vrombissante et cordes virevoltantes. Triste, certes, mais c’est parfois triste d’aimer, et ce n’est pas une raison pour ne pas.

25/12/05

Rétrospective 2005

11/11/05

2D

1, 2, 3, 4 et 5: Kaly Live Dub: n'importe quel morceau de "Répercussions" (Dub Dragon, 2005).

Comment ça, c'est du foutage de gueule, ma playlist? Pas de ma faute si aucun des disques de dub passés ces derniers temps entre mes oreilles n'arrive à la cheville du nouveau Kaly Live Dub, merde. 

BONUS. Nine Horses - Wonderful world ("Snow born sorrow", 2005).

Wonderful, wonderful, c'est vite dit.

Remain Undegroud

01. Kaly Live Dub - Don’t Disturb The Dragon (Repercussions, Dub Dragon/PIAS, 2005).

Oh là là !
Oh là là ! Mais oh là là quand même !

02. Kaly Live Dub - Dirha (Repercussions, Dub Dragon/PIAS, 2005).

Fichtre !
Sacrebleu ! Saperlipopette ! Voici donc la concurrence bien dans l’embarras !

03. Kaly Live Dub - From Desert (Repercussions, Dub Dragon/PIAS, 2005).

Foutre à cul ! Que voici un album puissamment torché ! Je n’en sais quoi dire de plus pour vous inciter à l’acheter, et en plusieurs exemplaires encore, car c’est un cadeau apprécié tant dans la bonne société que dans les milieux interlopes.

04. Dub Wiser - Ica Dub  (Behind the Dub Side, 2005).

Alors forcément, le nouveau Dub Wiser passe au second plan de la rentrée dub – et même si certains de ses morceaux ont bien de la chance de pouvoir rester inaperçu, ce n’est certainement pas le cas de celui-ci, grâce à son riff de melodica inspiré et malgré ses ponctuations synthétiques comme d’habitude un peu crispantes.

05. Kode9 + Space Ape - Kingstown (vox version).

Spoken-words grandiose sur fond de désolation électro-dub. Idéal pour faire fuir les derniers squatters à 5 heures du mat après une fête d’anniversaire, mais également sélectionner ses amis : ceux qui restent, résistent et se re-servent un verre de rouge. Beware the dub zombies !

BONUS. Hubert-Félix Thiéfaine, “Quand la Banlieue Descendra sur la Ville” (Défloration 13, 2001).

« Combattants dans les rues qui puent la trique / La moiteur rance et la mauvaise conscience / Gargouilles ricanantes aux vitrines gothiques / Dans la noria des brancards en cadence / On n'entend plus crapuler dans le vent / Les discours des leaders et des tribuns / Tous les mornes aboyeurs de slogans / Les sycophantes et les théoriciens (…) Eh mec tu t'acharnes à tirer les stores / Pour te cacher de la rue en chaleur / Et tu dis du bout de tes dents en or : / "Dommage que Dieu soit plus à la hauteur" / Faut être saturé d'un rare espoir / Pour danser dans les ruines des limousines / Y'a ta BM qui crame sur le trottoir / Dis-toi que c'est beau comme un choeur d'orphelines (…) Quand la banlieue descendra sur la ville / Pour la grande razzia des parias / Quand la banlieue descendra sur la ville / Pour le grand basta des rastas. » 

04/09/05

2D

1. Dub Addict Sound System/ Roots Massacre & Learoy Green - Fulls Policy & dub (EP Dub Addicts meets Learoy Green, 2005).

Extrait d'un maxi sorti au printemps, inutile de tartiner une nouvelle couche de superlatifs, tout a déjà été dit ici

2. Dub Addict Sound System/ Boudou - Evidance (Compilation "Lives & selections of roots, digital, steppa and heavy dub", Mouv’menta, avril 2004).

Ils l'ont dit à la télé: c'est la rentrée, et si vous avez des enfants, il faut bien prendre garde à ce qu'ils ne s'en aillent pas à l'école sans avoir pris un petit déjeuner équilibré. N'écoutez pas ces balivernes: peu importe qu'ils partent à l'école le ventre vide, si vous les réveillez avec "Evidance", ils déborderont d'énergie pour la journée. 

3. Yosh - Salaam ("Big Trouble", 2005)

On l'attendait depuis maintenant deux ans, cette fois ça y est, le premier album de Yosh est désormais sorti. Ca valait le coup d'attendre.

4. Webcam Hi-Fi - War in the street (+ dub) (Tube Dub Sound Records # 1, 2005).

Depuis le temps qu'on le voit agiter ses dreads sur scène, il fallait s'attendre à ce que la tête pensante de Löbe Radient Dub System ne succombe un jour à la tentation de sortir une production 100% roots. C'est chose faite sous le nom Webcam Hi-Fi avec le premier maxi de Tube Dub Sound Records # 1. Dubwise. 

5. Dub Master Riko - Keep faith dub ("Dub Masters Riko presents Sly & the dubber, round 1", 2005).

Difficile de faire plus roots et ancré dans la tradition jamaïcaine que ce premier album produit par Dub Master Riko... fermez les yeux, vous êtes en Jamaïque, les années 80 n'ont pas encore eu lieu. 

Bonus. Foetus - Pareidolia ("Love", Birdman Records, 2005).

Définir la musique de Foetus prendrait trop de place dans cette playlist qui se veut laconique, tant elle est riche, dense, inédite et inspirée. Je me contenterai donc d'essayer de convaincre les quelques vieux briscards initiés aux musiques les plus sombres qui traînent sur ce site et connaissent déjà les anciennes productions de Jim Thirlwell (si si, il y en a) d'acheter ce nouveau disque, qui n'est pas seulement son plus sombre et son plus abouti, mais aussi de loin son meilleur.  

RU

Oui je sais, deux mois à écouter de la pop de lopette (pléonasme), comme dit 2D, ça n’augure pas d’une playlist bien garnie. Mais bon, enfin quoi, c’est l’été, les jupes sont courtes, les apéros interminables et les nuits trop courtes, alors on ne peut pas passer sa vie à écouter de la bonne musique non plus. Si ? 

1. Brain Damage remixe Alpha & Omega - Hurtful Dub (compilation « Show me a purpose – Versions », Bangarang 2003).

Eh oui, tous les chemins mènent à Saint-Etienne puisque c’est en préparant une chronique sur Alpha & Omega que j’ai retrouvé cet album de remixes dont il faudra décidemment que je vous parle un jour, ne serait-ce que pour ce petit chef-d’œuvre de sonorités industrielles et pourtant cristallines, comme quoi…  Et puis d’abord pourquoi “petit” ?

2. Fedayi Pacha - Qawali Steppa (“Dub Works [in mysterious waves]”, Bangarang, 2005).

Plus grand-chose à voir avec du dub, plus rien du tout à voir avec King Tubby ou Lee Perry, mais un des plus grands morceaux de l’année, pour ne pas dire de la création car j’ai appris à relativiser depuis la dernière fois où j’ai écrit un truc comme ça. [je sais c’est la même note qu’il y a deux mois, mais il m’a sauvé tellement de petits matins pourraves, ce morceau, que je risque d’en parler encore pendant des mois.]

3. Dub Trio - Awakening Dub (“Exploring the dangers of…”, 2003).

Pas tous les jours qu’on voit des américains s’essayer au dub, alors autant ne pas bouder son plaisir devant cette démonstration en règle de dub chaud-bouillant avec des vrais morceaux d’instruments “live” dedans. Comme quoi, pas besoin d’être autant sur scène que Zenzile pour rendre sourd de bonheur des salles entières.

4. Masaladosa – Madhuvanti  (« Chill Aum », 2004).

Divine surprise de la compilation Dubzone cinquième du nom, du dub indien anthologique qui semble bien prouver une nouvelle fois que le dub n’est jamais meilleur que dans le métissage.

5. Webcam Hi-Fi ft. Madu - Choose Your Friends Wisely (auto-production, édition limitée en format vinyle).

Petite tune légère et imparable, bénéficiant d’une production d’orfèvre que l’on est impatient d’éprouver à hauteur d’un album complet. Si ce qui reste à venir est du même niveau, les gars de Vibronics, ainsi que pas mal de dubbers anglais, peuvent se faire du souci. Cf. concours en page d’accueil du site.

Bonus. The Bug - Dash A Fire (Fire EP, ????).

Spécial’ kass’dédi à mon pôôôôôte MP (l’homme au tuba tatoué sur le torse) de dubzone.org (un site qu’il est bien pour nous les jeunes) puisque c’est lui qui m’a fait découvrir cette bombe nucléaire de trépidance énervée électro-ragga-je ne sais trop quoi mais j’en redemande. Des quatre versions du même titre, celle-ci est la plus apocalyptique et repousse très très loin toute la concurrence palote façon Asian Dub Foundation, j’en passe et des pas meilleurs. Ereintant mais le mérite.

26/07/05

2D

01. Alpha & Omega featuring Lee Scratch Perry & Mad professor - Dub fire (?).

Dans la série "lève toi et marche", après No war de Framix et Jean-Phillipe de Manutension, please welcome Dub fire, de Alpha & Omega featuring Lee Scratch Perry & Mad Professor. Un morceau que je ne connaissais pas, découvert la semaine dernière en rangeant mon disque dur sous la forme d'un MP3 isolé téléchargé je ne sais plus où et que je n'avais encore jamais écouté. Décrété morceau dub officiel de l'été 2005 par votre serviteur, même s'il n'est vraisemblablement pas frais de l'année.

02. Dub Trio - Real wicked ways ("Exploring the danger of", 2003).

Du dub live, sans machines hormis les pédales d'effets, tout en jus et spontanéité, brut de décoffrage, dans le genre De Facto ou Systemwide, pour ceux qui connaissent, mais en mieux. On pense aussi parfois au Zenzile des premières heures. Faudra vraiment qu'on prenne le temps de le chroniquer, ce disque. Oui MP, tu peux prendre ça pour une invitation.

03. Fenin - No CIA (Shitkatapult, 2005).

Très ~scape style, mais avec un peu plus de couille, Fenin brille surtout par ses morceaux chantés, dont ce "No CIA" qui n'en finit plus de truster la playlist de mon baladeur numérique.

04. Masaladosa - Madhuvanti ("Chill Aum", Masala prod, 2004).

Du dub indien. Inutile d'en tartiner des couches, j'en dis suffisamment ici.

05. Horace Andy - Problem (Heavyweight sound, a Blood & Fire sampler, Blood & Fire).

Un été sans roots, c'est inconcevable. Le premier sampler Blood & Fire cache quelques perles, dont le "Problem" d'Horace Andy, lourd et léger à la fois, si, c'est possible. 

Bonus - Swayzak - Bergerie (Loop from the bergerie, K7!, 2004).

C'est tout de même fou la richesse du paysage musical que certains arrivent à créer avec un beat house déjà entendu mille fois, un bip et une nappe de synthé, quand une majorité d'autres, avec strictement les mêmes ingrédients, pondent des merdes innommables. Ca doit être ça qu'on appelle le talent. 

MP

1. Fenin - NO C.I.A.("Grounded", Shitkatapult (je n'invente rien), 2005).

Pas de surprise, le tube de l'année de la semaine, voir .

2. DJ Rupture - "No Heathen" ("Special Gunpowder", Very Friendly, 2004).

Ah, d'accord, c'est pas récent, mais figurez-vous que cette playlist est, pour une fois, parfaitement exacte, dans la mesure où j'utilise désormais une boîte à musique qui enregistre le nombre d'écoute de chaque titres. Et "No heathen", j'arrive manifestement pas à m'en détacher.

3. Fenin - "None of them" (ibidem).

Pareil que plus haut, voir aussi. 

4. Fedayi Pacha - Goma 2 echo ("Dub works",  Hammerbass, 2005).

Je sais, je sais, tout ça n'a rien de très surprenant. On a ses petites manies.

5. Tino's Breaks - "D-U-B Dub" ("Volume 5: Dub", Tino Corp, 2002).

Ah, voilà une vieillerie un peu inattendue. En très court: un "side project", notamment, de Jack Dangers, le gars de Meat Beat Manifesto, qui sort des albums surtout pour les DJs. Mais le thème du volume 5 est le dub, est, même si c'est très, très axé sur un peu trop de batterie, c'est quand même très réussi.

Bonus. DJ Spooky & Dave Lombardo - "Brother's gonna work it out 2005" ("Drums of death", 2005).

Où l'on retombe en enfance: DJ Spooky, Dave Lombardo (l'ancien batteur de Slayer, voyez), Chuck D (Public Enemy, voyez), Jack Dangers (Meat Beat Manifesto, voyez), et je ne sais plus qui encore. À l'arrivé, ça donne du rap-metal un peu plus original que d'habitude. C'est de la musique au jus. Au jus nerveux.

15/06/05

2D

01. Fedayi Pacha - L'île aux chiens ("Dub works (in mysterious waves)", Hamerbass, 2005).

Je dis l'île aux chiens, mais ça aurait aussi bien pu être Qawali Steppa ou El Firat, en fait, n'importe quel morceau du premier album de Fedayi Pacha, puisque je l'écoute toujours d'une traite dans son entier. Du bonheur en branches. Mais si, tiens, lis donc la chronique.

02. DJ Cheb I Sabbah - Esh 'Dani, Alash Mshit ("La Kahena", Six Degrees, 2005).

MP en parlait dans sa playlist de la semaine dernière, certes ce n'est pas vraiment du dub mais un peu quand même, en même temps c'est plutôt du raï mais c'est fou à quel point c'est proche du stepper, bref: entre deux Fedayi Pacha, pour maintenir attisée la braise orientale, ce morceau de DJ Chev I Sabbah a naturellement trouvé sa place.

03. Seven Seals - Paradox ("Stars", The Age of Venus, 2005)

L'ex Miniman s'adjoint les services d'un guitariste et revient sous un nouveau nom: "Seven Seals", dont le premier album sort chez The Age of Venus, sur lequel était déjà paru le Miniman. Plusieurs très bons titres, dont ce Paradox et sa rythmique bonhomme qui fait immanquablement penser à Iration Steppas.

04. Radiq - Rude boy anthem (?)

Retrouvé par hasard dans un recoin de mon disque dur, ce mp3 de Radiq, duquel je ne sais rien, sinon que son morceau "rude boy anthem", qui hésite en permanence entre le dub et le hip-hop, est un monument de lourdeur angoissante. Et le monsieur qui parle à un moment, qu'on imagine noir, mal commode et à casquette, ne fait rien pour arranger les choses. 

05. Framix - No war (compilation "French dub system", Wagram, 2004).

Ah ben oui hein, avec le retour des beaux jours, tu penses qu'il allait pas rester en veille longtemps, le No war. C'est reparti pour un tour: hééééééhiiiiiiha... hééééééhiiiiiiha... hééééééhiiiiiiha... 

BONUS. Autechre - LCC (untitled, Warp, 2005).

Toujours perdu quelque part entre bruit et electronica, le dernier Autechre parait vain à la première écoute, charme à la deuxième et s'impose à la troisième. Comme ses prédécesseurs.

Remain Underground

01. Fedayi Pacha - Goma 2 Echo (Dub Works [in mysterious waves], 2005). 

Autant ne pas y aller par quatre chemins, le premier album de Fedayi Pacha est un putain de coup de maître qui enchaîne les titres majestueux et jouissifs. Difficile d’établir un classement entre les morceaux, mais les percussions bondissantes et hypnotiques parcourues de samples ethno-bidouillés de ce petit joyaux electro-world ont squatté mes enceintes plus que de raison, alors soyons prosélyte, que diable : number one of the month.

02. Fedayi Pacha - El Firat (Dub Works [in mysterious waves], 2005).

Tonalités plus sombres pour cette deuxième pépite. Ambiancé mais tranchant, équilibré mais bouleversant.

03. Vibronics ft. Madu - Out of Many (Heavyweight SCOOPS Selection, Sounds Around, 2005).

Meilleur album d’electro-roots en attendant le Webcam Hi-Fi qui s’annonce considérablement excellent et juteux, le nouveau Vibronics déborde d’excellence reggae-dub sur parterre de rythmiques électroniquement ciselées. “Out of Many” et ses irrésistibles cuivres m’ont sauvé à eux seuls bien des dimanches matins pourris.

04. Fedayi Pacha - Qawali Steppa (Dub Works [in mysterious waves], 2005).

Plus grand-chose à voir avec du dub, plus rien du tout à voir avec King Tubby ou Lee Perry, mais un des plus grands morceaux de l’année, pour ne pas dire de la création car j’ai appris à relativiser depuis la dernière fois où j’ai écrit un truc comme ça.

05. New Age Steppers - Fade Away (The New Age Steppers, U Sound, 1980).

Une reprise de Junior Byles produite par Adrian Sherwood. Incroyable après ça que les années 80 aient été autre chose que les années dub. La vie est injuste.

BONUS. Cheb I Sabbah - Esh ’Dani, Alash Mshit (La Kahena, ????).

Qu’on se le dise, le nouveau son world sera internationaliste-classieux sans concession occidento-commercialisante. Ce morceau serait capable de convertir au new-raï un aide-comptable suédois amateur d’Arvo Pärt au même titre qu’un marin-pécheur indonésien amoureux des tressautements de Britney Spears. Alors en ce qui me concerne vous pensez comme ça n’a pas été long !

05/06/05

MP

01. Fedayi Pacha - Dub works (in mysterious waves) ("Dub works (in mysterious waves)", Hammerbass, 2005, je crois).

Non, ben non, c'est pas un titre éponyme, c'est l'album. En entier. N'importe quel titre, dans n'importe quel ordre, tout est également brillant, inspiré, novateur, d'un bout à l'autre. L'album du moment, de l'année, de la suivante, le premier album de n'importe quoi depuis longtemps qui se puisse écouter dans son intégralité.

Splendeur, prodige et miracle, voilà ce qu'on vous dit.

2. Dub Trio - Drive by dub ("Exploring the dangers of...", ROIR, 2004, il me semble).

Voilà une perle bêtement passée sous silence l'an passée. Par nozigues, en tout cas. Du dub "live", comme ils disent, brut de fonderie, instrumental, façon De Facto. On va en reparler, on va en reparler.

3. Dub Trio - Casting out the nines (ibidem).

Ah oui, ça oui, on va en reparler. Un jour.

4. Kanka - Skunky (comp. "French Dub System 2.0", sais pas où, mais cette année, en tout cas).

Voilà ce que j'appelle une ligne de basse. Là, voilà. On parle le même langage. Les dents des voisins se déchaussent, mais on se comprend.

5. DJ Cheb I Sabbah - Esh 'Dani, Alash Mshit ("La Kahena", Six Degrees, le 10 mai 2005, je n'invente rien)/

Tu vas voir qu'il va se trouver des orthodoxes pour crier au non-dub.

Les rimshots incessants, le skank de je sais pas quoi, la ligne de basse qui fait gonfler les joues, et ça serait pas du dub.

Quelle misère.

Bon, d'accord, c'est du raï. Mais c'est du dub.

Bonus. DJ Mutamassik - Interlude for Grampa feat. 4th pyramid (EP "High Alert", Sound Ink, y a pas tellement longtemps, je dirais).

C'est la grande foire à l'Orient. Du rap effroyablement violent, et rendu tel par le large et pertinent usage de percussions du cru.

On attend pour début juin un nouvel album de madame Mutamassik, car c'est est une (dame), et ça valait le coup de le souligner.  Et on trépigne, croyez-m'en.

08/05/05

2D

01. Manutension feat. Winston McAnuff - Jean-Philippe (Compilation French Dub System 2.0, Wagram, 2005).

Ces derniers jours, la compilation French dub system 2 a beaucoup tourné sur ma platine, un morceau en particulier: le génial "Jean-Philippe", du gars dont il va bien falloir finir par se résoudre à admettre qu'il est le roi du stepper: Manutension. Sa science du gros dub roots à l'anglaise s'affine de production en production, et commence à toucher au paroxysme.

02. Löbe Radient Dub System - Oness & unity (Compilation French Dub System 2.0, Wagram, 2005).  

Autre très bonne surprise de la compilation French Dub System 2, un inédit de Löbe dans la continuité directe de Vibe disciple, leur dernier album, qui tombe à point nommé quelques jours avant le concert du groupe au Batofar... chronique du live dans la prochaine mise à jour.

03. Kanka featuring Brother Culture - Revolution ("Don't stop dub", Hammerbass, 2005).

Un bon gros riddim stepper, quelques skanks au piano pour marquer la cadence, une basse ronflante comme MP dans son sommeil, il n'en fallait pas plus à Brother Culture pour toaster quelques mots sur ce qui donne au final un authentique tube de sound system, rendez-vous dans deux semaines au Télérama Dub Festival pour le vérifier.  

04. Fedayi Pacha - L'île aux chiens (Compilation French Dub System 2.0, Wagram, 2005).  

On ne se lasse décidément pas du dub orientalisant de Fedayi Pacha, subtil et envoûtant, dont on attend le premier album en trépignant (fin mai chez Bangarang/Hammarbass).

05. Zenzile - L'axe du mal ("Totem", Small Axe, 2002).

Ultime relent du concert de Zenzile le mois dernier à la Maroquinerie, "L'axe du mal", le tube hard-core/dub de Totem, avec Sir Jean au micro. On ne s'en lasse pas.

BONUS. Aural Rage - A nutter at radio 3 (« A Nature of Nonsense », disponible uniquement sur le net via le site http://www.auralrage.com/ , 2005).  

Un album difficilement descriptible, et ce morceau en particulier, signé par un ancien de Coil, dont on retrouve le pessimisme et l'excentricité, mais dans une approche plus moderne de la composition et avec des sons plus contemporains, un poil plus electro, un poil plus bruitiste, mais bien dans l'esprit de LSD et Stolen and contamined song, pour ceux qui connaissent.

Remain Underground

01. Dub Wiser - Nashdaf (compilation French Dub System 2.0, Wagram, 2005). 

Le prochain album de Dub Wiser s’annonce grandiose et jouissif, à en croire ce premier extrait qui m’a transporté les oreilles et les pieds au septième ciel du dub cinétique. Sorte de grand huit électro-dub dont on ressort courbaturé mais les yeux pleins d’étoiles.

02. King Tubby & Soul Syndicate - Dub The Right Way (Freedom Sounds in Dub, Blood & Fire, 1999).

Eh oui, j’ai retrouvé la référence du titre classé quatrième dans ma dernière playlist, et j’en ai profité pour me taper en boucle tout l’album. Pourquoi bouder son plaisir roots ? “Dub The Right Way” est une bombe.

03. Manutension feat. Winston McAnuff - Jean-Philippe (compilation French Dub System 2.0, Wagram, 2005).

J’ignore qui est ce Jean-Philippe, mais il y a peu de chance que je l’oublie, maintenant… Et au passage, Manutension s’affirme (avec Kanka pas très loin derrière) comme le meilleur producteur français de dub roots-step. Mais ceux qui suivent les Improvisators Dub s’en doutaient déjà…

04. Hybrid Sound System - L’Uzure (Synchrone, Sounds Around, 2004).

Annoncé comme une “exclu” sur mon exemplaire promo de French Dub System 2,0, ce titre est en fait sorti l’an dernier sur le premier album de ces membres du collectif Kaly Live Dub. Pourquoi répéter qu’il est extraordinaire ? MP l’a très bien fait dans sa chronique à l’époque.

05. GG Project - Movin, (This is…, Sounds Around, 2005).

Très bon morceau d’ouverture d’un album dans l’ensemble assez décevant. Bon moyen d’introduire un honorable titre de dub chanté dans à peu près n’importe quel mix mid-tempo, y compris les plus “grand public”.

Bonus. Aural Rage - No one needs to notice (« A Nature of Nonsense », disponible uniquement sur le net via le site http://www.auralrage.com/ , 2005).

La dernière fois que j’ai rencontré la grâce incarnée en électro-pop, c’était l’an dernier avec le miraculeux “Making Days Longer” de RJD2. Le miracle se renouvelle avec un titre imparable, archétype de l’hymne électro-solaire post-trip-hop, qui se démarque un peu du reste de l’album beaucoup plus sombre de cet ancien collaborateur de Coil, groupe culte chez les dépressifs torturés s’il en est. De quoi supporter un hiver en Islande. Au moins.

17/04/05

2D

01. Zenzile - War still a run (Modus Vivendi, SuperSonic, 2005).

Zenzile en concert hier soir à la Maroquinerie. Ca laisse des traces, fatal. War still a run notamment, interprété par Sir Jean himself, qui fit l'honneur de sa présence aux parisiens pour une bonne heure sur les plus de deux que durèrent ce concert. Ca y est, j'ai vu Zenzile sur scène. Maintenant je sais. 

02. IDEM - Down the line (Aérobiose, 2004).

Souvenir d'un autre concert, celui d'IDEM il y a deux semaines au Nouveau Casino. Depuis, chaque jour, "Down the line" revient hanter ma platine CD. Je vais finir par y laisser ma santé mentale. 

03. Rhythm & Sound + Jah cotton - Dem never know (See Me Ya, Burial Mix, 2005).

Une nouvelle fois, la quintessence du dub nous vient de Berlin.

04. High Tone - 9 bass chanels (Wave Digger, JArring Effects, 2005).

Le dernier album d'High Tone ne fait pas l'unanimité au sein de la rédaction de Dubzone, et il va me falloir déployer des trésors de persuasion pour imposer l'idée, contre les grommellements du popeux monsieur Ru, que ce Wave Digger déchire sa race. Pourtant, les arguments sont superflus: il n'y a qu'à écouter "9 bass chanels", génial morceau d'ouverture de l'album, pour s'en rendre compte. 

05. Jah Wobble & The Invaders of the heart - Lam Bane Xoc (Molam Dub, Hertz record, 2000).

En apprenant la présence de Jah Wobble sur l'affiche de la prochaine édition du Télérama Dub Festival aux cotés du groupe laotien Molam, avec lequel il enregistra un album, je m'empressai de ressortir le dit album de la poussière des rayons du bas de mon meuble à CD, pour retomber, hagard, sur l'exceptionnel "Lame bane xoc". Depuis, je compte les jours qui me séparent du concert.  

BONUS. Roots Manuva - Mind 2 motion (Awfully deep).

Faut-il encore présenter Roots Manuva? Non. Contentons nous de dire que son dernier album, comme on pouvait s'y attendre, est une grande réussite. Il n'y a qu'à écouter Mind 2 motion pour s'en convaincre, que j'inscris illico sur la liste des concurrents au titre de meilleur morceau de hip-hop de l'année.

RU

01. Zenzile - Simple Lesson (Modus Vivendi, SuperSonic, 2005).

D’accord, je suis un putain de popeux qui lit Magic et les Inrocks quand le reste de la Dubzone Team a le dos tourné, et en plus j’assume. Si un jour cette chanson passe, même la nuit, quelque part sur M6, W9 ou MCM, ce sera champagne pour tout le monde et caviar pour les autres.

02. Rhythm & Sound - See Me Ya (See Me Ya, Burial Mix, 2005).

J’ai presque autant de mal à considérer le nouveau R&S comme autre chose qu’une immense et unique mélopée qu’à parvenir à l’écouter en entier sans m’endormir. Et pourtant, j’en tire un morceau, le premier, et je suis prêt à sortir les armes de destructions massives pour en défendre le génie. Je crois que c’est une sorte de contradiction interne, ça… Faudra que je creuse voir dans ma psyché. Si un jour je n’ai que ça à foutre, bien sûr.

03. Brain Damage remixe Dubwiser - High Again (Chapter 2 – Tributes to Remixes, Bangarang, 2003).

Un des meilleurs remixes de tous les temps. Pas le plus innovant, pas le plus surprenant, mais le meilleur. Normal, il réunit deux des groupes les plus excitants de ces cinq dernières années dub.

04. King Tubby & Soul Syndicate - Leaving Babylon Dub (découvert coincé entre un vieux Jacob Miller et un machin qui ressemble à de la hard techno à la Spiral Tribe sur une K7 audio offerte par une copine en 2001 ou 2002 et que je viens d’encoder en mp3 – le premier qui me trouve la référence discographique gagne un gros poutou sur la joue).

Le traditionnel ol’ school de la playlist. M’en faut ma dose tous les mois, c’est comme l’herbe de bison, c’est un vice, une dépendance, une addiction. Et un putain de gros panard, en plus.

Normalement, honnêtement, je devrais citer en cinquième position un titre du prochain High Tone, (Wave Digger, Jarring Effects, sortie à la fin du mois), “Larser” ft. Real Fake MC. Mais voilà, ça n’a plus rien à voir avec du dub, c’est du hip-hop un chouilla abstract un chouilla east-cost tendance intello. Et en plus, je n’aime pas l’album dans son ensemble, et ça énerve 2D quand j’ose égratigner le sacro-saint mythe High Tone (qui ont pourtant bien le droit de rater un album, ils ont suffisamment de morceaux géniaux à leur actif pour se le permettre, eux), alors on va vite passer à autre chose et faire comme si on avait rien lu, ok ?

BONUS. New Order - Turn (Waiting for the sirens’ call, London Records, 2005).

Bon, comme il n’est pas possible de citer l’album de Low (The Great Destroyer, disque de l’année au moins…) tous les mois, malgré l’envie qui m’en démange, signalons l’inégal nouvel album de NO, sa brochette de ratages (un reggae extraordinairement foireux, au passage, j’ai même du mal à croire ce que j’entend) mais aussi ses pop-songs à tomber à genoux, dont “Turn”, titre ultra-balisé mais qui me tire presque des larmes à l’approche du refrain, quand la guitare commence ses arpèges, là… Vous seriez venu la semaine dernière, c’était Arcade Fire et Bloc Party, mais ce week-end c’est comme ça on fait dans la musique de vieux.

15/03/05

2D TOUT SEUL:
(
MP et RU s'excusent, ils n'ont pas pu fournir de playlist cette semaine, ils n'ont pas le temps, ils doivent s'occuper du stand Dubzone au salon de la feignasse)

01. Sonarcotik Sound System : Sous-cdt Narcos/MXP – Bedouin’s B.U.D.S. ("Night of the living dread", Marseille City Pressure, 2005).

Le tube incontestable de l’excellent « Night of the living dread », première compilation du sound system marseillais Sonarcotik, hip-hop dub orientalisant quelque part entre Ez3kiel et Muslimgauze, du grand art. 

02. The Disciple - The struggle of life (compilation "Macro Dub Infection volume one", Virgin, 1995).

Morceau d'ouverture du double CD de l'historique compilation "Macro Dub Infection", par le biais de laquelle votre serviteur est tombé dans le dub alors qu'il venait y chercher un inédit de Coil, "The struggle of life" de Disciple est un paroxysme du dub UK. Un son rugueux, agressif, froid, une ambiance malsaine, des basses éléphantesques, un monument, et le point d'orgue d'une discographie malheureusement inégale. Les cinq minutes de nostalgie de la semaine. 

03. Lab° - A dub song ("Müs", Crash Disques/Mille-Milliards, à paraître fin mars).

Pas la seule dub song du dernier Lab° malgré son titre, et pas la moins fameuse non plus. 

04. Weeding Dub – Locked Dub ("Steppactivism", Sounds Around, 2004).

De sa propre initiative, sans me demander mon avis, le morceau d'ouverture de l'excellent premier album de Weeding dub s'est invité cette semaine sur ma platine. Et il a bien fait.  

05. Improvisators Dub – I am love ("Wicked", Supersonic, 2005). 

Trois fois par jour, matin, midi et soir. 

Bonus. Jesu - Tired of me ("Jesu", 2005, Hydra head records).

Le soleil brille, le ciel est bleu, pas l’ombre d’un nuage, et pourtant il pleut. Ca doit encore être un coup du trou de la couche d'ozone.

28/02/05

2D:

01. Brain Damage - A little walk to nowhere (Always Greener, Bangarang, 2003).

Conséquence directe du concert de Brain Damage cette semaine au Batofar, une playlist trustée tout le week-end par le duo stéphanois, "A little walk to nowhere" en tête. Sur scène, c'est cinq minutes d'Apocalypse.

02. Brain Damage - Croatian Rebel  (EP "Bipolar disorder", Bangarang, 1999).

Pris d'une furieuse envie de me réécouter "Brain booster" après m'être mangé en pleine poire la version live de jeudi dernier ("y en a qui aiment le dub steppa?", un peu mon neveu), je retombe sur Croatian Rebel, excellent morceau issu du premier disque (5 titres) de Brain Damage, dont on a pas ou peu parlé en ces pages, vous me ferez penser à combler cet inexcusable manque. 

03. Brain Damage- Genetic Weapon (Always Greener, Bangarang, 2003).

Eh les parisiens, vous faisiez quoi jeudi soir, vous? Vous étiez devant la télé? C'est ballot, y avait Brain Damage au Batofar. Genetic weapon inna babylon, etc, etc. Enfin, chacun fait ce qu'il veut de son temps hein, on est en démocratie.  

04. Improvisators Dub - I am love ("Wicked", Supersonic, 2005). 

Les bordelais résistent à l'assaut stéphanois malgré tout. C'est dire s'ils ont du biscuit en magasin.

05. Zenzile - Basic ("Modus Vivendi", Supersonic, sortie le 22 mars 2005).

Le dernier Zenzile s'impose doucement. Il prend son temps. Il ne se presse pas. Mais quand il se décidera vraiment à investir la place, il y a fort à parier que ce sera pour longtemps.

Bonus. Jesu - Tired of me ("Jesu", 2005, Hydra head records).

L'album de l'hiver, lent comme une file d'attente à la Poste, gros comme une montagne, triste comme un dimanche devant la télé, bon comme un Aberloor hors d'âge, c'est tout de même marrant que sous l'appellation "musique", on puisse tolérer à la fois Jesu et Kassav.

R.U. 

01. Zenzile - Pirates ("Modus Vivendi", Supersonic, sortie le 22 mars 2005).

Du dub à enseigner dans les écoles, presque trop beau pour être honnête. Zenzile, inventeurs du “hi-fi dub” ?

02. Brain Damage - Croatian Rebel (Bipolar Disorder, EP Bangarang, 1999).

Effet concert au Batofar oblige, je me suis rendu compte que je n’avais jamais écouté le premier EP de Brain Damage. Oubli largement compensé depuis, puisqu’en trois jours ce titre incandescent monte directement à la deuxième place de ma playlist.

03. Zenzile - Simple Lesson ("Modus Vivendi", Supersonic, sortie le 22 mars 2005).

Le dub flirte avec la pop et nous explique la vie de couple. Comme je n’y comprends pas plus de choses qu’avant et qu’il va me falloir le réécouter en boucle pour en tirer tous les enseignements, il y a peu de chance que ce chef-d’œuvre sorte de sitôt de mon classement…

04. Burning Spear - The Ghost (Garvey’s Ghost, Island Records, 1976).

Du dub classique extrait d’un album non moins classique. La version chantée de l’album, Marcus Garvey, est une référence du reggae des années 70, sa contrepartie dub supervisé par L. Lindo, alias Jack Ruby, est un modèle de savoir-faire et d’efficacité concentrée.

05. EZ3kiel - Phantom Land Live (Versus Tour 2005, DVD, Jarring Effects).

Planquée parmi les bonus du DVD live, cette version emporte une chanson qui pouvait ne ressembler au départ qu’à une gentille bluette sous influence trip-hop jusqu’à un niveau d’intensité dubbistique rarement atteinte dans le reste du concert proposé en vidéo (au demeurant, pour une fois, plutôt bien filmée).

BONUS. Low - Pissing (The Great Destroyer, Rough Trade, 2005).

Toujours pas épuisé depuis la dernière playlist, voici un disque qui prend la route dès février pour les nominations au Remain d’or du meilleur disque de l’année 2005. “Pissing” a très très peu de chance de voir lui échapper le Remain du meilleur crescendo de l’année. Tellement renversant que c’en est presque triste.

15/02/05

2D:

01. Improvisators Dub - This song ("Wicked", Supersonic, sortie le 22 février).

En matière de dub, on s'extasie souvent sur les lignes de basses, et moi le premier. Pour une fois, je suggère de décerner une palme au batteur pour sa ligne de charleston/caisse claire/rimshot, qui explique en grande partie pourquoi "This song" est un postulant sérieux au titre de morceau de l'année. Le "Now war" de Framix aurait-il enfin trouvé un concurrent à sa taille?

02. Improvisators Dub - Ready steady go ("Wicked", Supersonic, sortie le 22 février).

Un nouvel Improvisators Dub est sur le point de sortir, donc. Au cas où la chronique de mon excellent confrère monsieur RU ne soit pas assez claire, vous seriez bien inspirés de l'acheter. En même tant, moi je dis ça, je dis rien.

03. Improvisators Dub - I refuse ("Wicked", Supersonic, sortie le 22 février).

Intense, brutal, épuré, répétitif, le coup de parpaing dans la gueule du dernier Improvisators Dub. Repeat x 250. Ceci dit, libre à vous de passer à coté hein, chacun écoute ce qu'il veut, on est en démocratie.

04. Improvisators Dub - I am love ("Wicked", Supersonic, sortie le 22 février). 

Bon, vous m'avez l'air un peu bornés, alors pour une fois je vais faire une entorse à une de mes règles stylistiques personnelles, je vais utiliser des majuscules: IL FAUT ACHETER LE NOUVEL ALBUM D'IMPROVISATORS DUB. C'est clair là ou bien?

05. Zenzile - Pirates ("Modus Vivendi", Supersonic, sortie le 22 mars 2005).

Ah tiens, au fait, il n'y a pas que l'Improvisators dub à acheter, il y a aussi le nouveau Zenzile. Et oui, les grand-pères du dub français ne se décident pas à prendre leur retraite, et c'est tant mieux, car ils n'ont jamais été aussi bons qu'aujourd'hui. L'année dub 2005 s'annonce faste. Pas d'affolement ceci dit, ça ne sort que dans un mois, on aura l'occasion d'en reparler. 

Bonus. Jesu - Walk on water ("Jesu", 2005, Hydra head records).

Bien-être, harmonie, amitié entre les peuples.
Ou pas.

Remain Underground:

01. Zenzile - Simple Lesson ("Modus Vivendi", Supersonic, sortie le 22 mars 2005).

Numéro un logique pour une playlist datée de la St-Valentin que cette tuerie dub-rock issue du (monumental) prochain Zenzile. Adolescent, j’aimais les chansons où on avait l’impression qu’on nous enfonçais la tête dans la lunette des chiottes. Depuis qu’on me dit que je suis adulte, j’ai appris à aimer les chansons où l’on nous maintient la tête dans les chiottes et où, en plus, on aime ça. Et là, non seulement on manque de mourir noyer dans de l’eau croupie, non seulement on kiffe sa race, mais en plus il y a Jean Gomis qui vient nous arracher les nerfs auditifs à coup de lyrics imparables sur fond de guitares déployées façon miradors et barbelés. Hymne du printemps 2005, mais je dois être un peu masochiste. Non ?

02. Improvisators Dub - I Refuse ("W.I.C.K.E.D.", Supersonic, sortie le 22 février 2005).

Le nouvel Improvisators Dub versant reggae-step. Une seule écoute équivaut à la prise de suffisamment d’amphétamines pour battre le record de la traversée de l’Atlantique à la rame sans dormir, et en plus il n’y a pas d’effets secondaires.

03. Fumuj - Pollie ("Monstrueuse Normalité", sortie le 23 mars 2005).

Douceur sucrée qui réconcilie avec la vie, le calme, les soirées au lit devant un DVD de Capra ou de Lubitsch, les sections de cordes soyeuses et les samples ethniques. Yann Tiersen peut se faire du souci, la relève est là, et en plus elle sait jouer du dub, elle.

04. Alpha & Omega remixé par Brain Damage - Hurtful Dub ("Alpha & Omega meets Bangarang", Bangarang, 2001).

Vous ne croyiez tout de même pas que j’allais passer une playlist entière sans évoquer Brain Damage, quand même ?! Avant même la sortie de leur premier album, les stéphanois avaient déjà tout compris, comme ils le prouvent en dominant de la tête, du cerveau et des épaules tous les autres remixeurs de ce pourtant excellent album-hommage aux maîtres du dub-step.

05. Improvisators Dub - The Real Source in Dub  ("W.I.C.K.E.D.", Supersonic, sortie le 22 février 2005).

Le  nouvel Improvisators Dub versant dub divin.

Bonus. Low - Monkey (The Great Destroyer, Rough Trade, 2005).